La plongée sous-marine ouvre un monde souvent inaccessible. Partir à la découverte des merveilles extraordinaires cachées au fond des océans est une aventure exceptionnelle ; elle présente cependant des risques. Oui, la plongée peut être dangereuse, non seulement pour les plongeurs, mais aussi pour l’environnement. La bonne nouvelle : avec des précautions adéquates, le danger peut être ramené à un niveau acceptable.


Quelles sont donc les précautions à prendre ? Il est souhaitable de commencer par suivre une formation, la plupart des centres de plongée en proposent. Pourtant, là encore, le choix d’un instructeur fiable n’est pas toujours aisé si vous faites vos toutes premières armes dans le domaine et n’avez aucun critère de référence. Le prix, les conseils d’amis, ou des informations obtenues sur Internet peuvent être des éléments utiles. Mais l’existence de Normes internationales est un autre facteur à prendre en compte.

Cette aventure exceptionnelle présente certains risques.

Revenons à notre récit : tout commence en Autriche. Ce petit pays sans littoral occupe une place de premier plan dans l’histoire de la plongée récréative car c’est un Viennois, Hans Hass (décédé en juin 2013), qui, en véritable précurseur de la plongée sous-marine autonome, a donné à toute une génération le goût de pratiquer ce sport comme une activité de loisir.

En 1994, un autrichien d’origine britannique, Martin Denison, créait à Vienne un centre de plongée, dont le système d’encadrement et les licences délivrées relevaient d’un système de qualification américain. Le centre était une affaire florissante jusqu’à ce que l’Autriche mette en place un nouveau cadre réglementaire et une nouvelle loi imposant l’agrément des fédérations nationales aux moniteurs de plongée. Conséquence : en Autriche, les moniteurs qualifiés selon le système américain, ceux du centre de plongée de Martin en particulier, n’étaient plus autorisés à exercer.

Pour chercher de l’aide, Martin fit alors appel à Austrian Standards (AS), membre de l’ISO pour l’Autriche. À l’époque, le catalogue de l’AS comptait essentiellement des normes de produits, et les travaux sur la plongée marquèrent une première dans le domaine des services. Réunissant les différents acteurs impliqués, l’AS établit une norme nationale spécifiant les exigences applicables à la formation des plongeurs et des moniteurs. Avec cette norme, qui se prêtait à la certification, les instructeurs de Martin purent obtenir l’agrément des fédérations autrichiennes de plongée en faisant certifier leur conformité aux exigences des nouvelles normes nationales.

L’histoire ne s’arrête pas là. Les normes sur la plongée allaient bientôt se profiler comme l’une des réussites phare de la normalisation dans le secteur des services.

Les normes de l’AS étaient tout juste terminées quand la Fédération européenne de plongée subaquatique jugea utile d’introduire des règles européennes communes pour la formation des plongeurs et des moniteurs de plongée. Plutôt que de réinventer la roue, elle s’adressa au Comité européen de normalisation (CEN), qui prit les normes autrichiennes pour point de départ de ses travaux. Le nouveau groupe de travail mis sur pied à cet effet enregistra une participation record, avec plus de 35 représentants de 17 pays.

D’autres pays en dehors de l’Europe ne tardèrent pas à s’intéresser au sujet et c’est ainsi que l’ISO reprit à son tour ces normes, dans le cadre d’un accord de coopération établi avec le CEN pour éviter les travaux à double. Ces 15 dernières années, ces normes ont été largement adoptées par les écoles de plongée dans le monde entier.

Dans une activité comme la plongée, une formation adéquate est indispensable. Les normes, qui tiennent compte des besoins de la plongée de loisir et de la plongée professionnelle, traitent avant tout des exigences applicables aux plongeurs. En matière de qualité et de sécurité, les exigences sont très élevées, et l’application des normes va dans l’intérêt de toutes les parties prenantes.

Maintenant que les brevets des différents systèmes d’enseignement de la plongée sont reconnus au niveau international, les clients ont la possibilité de comparer les centres et clubs de plongée dans le monde entier et de choisir les meilleures offres. Pour les organismes de formation et les prestataires de services, les normes servent de référence pour les meilleures pratiques les plus avancées. Les instructeurs peuvent les utiliser pour faire reconnaître leurs compétences partout dans le monde, et les tour-opérateurs spécialisés en plongée sous-marine peuvent choisir en toute confiance les meilleurs partenaires. Les gouvernements et les organismes de réglementation peuvent eux aussi utiliser ces normes comme base de référence pour les systèmes de délivrance de brevets des centres de plongée.

Prenez l’exemple de la Grèce où, il n’y a pas si longtemps, la plongée sous-marine était officiellement interdite sur des milliers de kilomètres d’espace côtier et ne pouvait être pratiquée que sur un petit tronçon d’environ 160 km. La situation a bien évolué depuis que le pays, l’un des premier à adopter les normes, a imposé la certification aux clubs, centres de formation et écoles de plongée. La sécurité ayant ainsi été renforcée sur ce segment du marché, la plongée est maintenant autorisée pratiquement partout sur les côtes grecques et elle rapporte d’énormes bénéfices au secteur du tourisme.

Autre exemple semblable : depuis que l’Égypte a imposé aux prestataires de services de plongée de loisirs la conformité à ISO 24803, plus de 600 centres de plongée ont été audités chaque année. Au bout de deux ans à peine, une baisse de 24 % des accidents de plongée a été enregistrée dans le pays.

Pour préparer vos prochaines vacances de plongée, procurez-vous la suite de normes ISO 24801, ISO 24802 et ISO 24803 sur la plongée sous-marine, et ISO 13289 et ISO 13970 sur la plongée avec tuba. Vous aurez alors une meilleure idée de ce que les normes peuvent faire pour vous.


Martin Denison
Directeur général
Scuba Schools GmbH
Autriche