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Le mode de dépistage des virus et des maladies transmissibles a beaucoup évolué ces dernières années, ce qui permet de tester un grand nombre de personnes plus rapidement et de manière plus sûre afin de prévenir la propagation des infections. L’ISO se pose en chef de file pour l’élaboration de normes qui aideront les organisations de santé et les gouvernements à réagir plus rapidement et efficacement aux pandémies et aux situations d’urgence.

Pour lutter contre la pandémie de COVID-19, une multiplicité de sites de dépistage de la maladie ont été rapidement déployés dans le monde entier. Certains de ces sites permettent d’opérer sans contact physique en effectuant le dépistage au volant ou dans des centres de test provisoires sous tente où le patient se rend à pied. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) souligne que, malgré les précautions prises, les agents de santé continuent d’être exposés à des niveaux de risque extrêmement élevés comparativement au reste de la population.

Dans le souci de la sécurité du personnel soignant et des patients, le comité technique ISO/TC 304, Management des organisations de soins de santé, a créé un groupe de travail (WG 4) chargé d’étudier la meilleure façon de rompre la chaîne de transmission dans les situations de pandémie. Le WG 4, Préparation et réponse en cas de pandémie, a pour mission d’élaborer des normes qui aideront les organismes de soins de santé à gérer des installations de test sûres et rapides pour être en mesure de mettre rapidement en quarantaine et de traiter les patients sans augmenter les taux d’infection.

La pandémie de COVID-19 a mis l’accent sur l’importance de mettre en place et de maintenir des systèmes de santé non seulement capables de gérer de telles crises, mais aussi de prendre des mesures immédiates pour réduire la propagation des maladies infectieuses rapidement et efficacement dès les premiers signes d’épidémie. Trois normes sont actuellement en cours d’élaboration : ISO 5258 (postes de dépistage au volant destinés à la lutte contre les maladies infectieuses), ISO 5472 (cabines de dépistage destinées à la lutte contre les maladies infectieuses) et ISO 5741 (centres résidentiels de traitement pour lutter contre la pandémie). Ces normes fourniront une stratégie efficace de lutte contre les infections en donnant aux agents de santé la possibilité d’identifier, d’isoler et de traiter rapidement les patients en procédant à un examen rapide.

A large sign greets patients at a COVID-19 drive-up station as two female nurses in full protection gown and face mask attend to patients in their cars.

Un dépistage effectué à l’extérieur avec un contact physique minimum limite considérablement la propagation des infections.

Sites de dépistage 

En ce qui concerne les sites de dépistage sans contact physique, le groupe de travail évalue les meilleures pratiques et les études de cas récentes sur les processus mis en œuvre. En règle générale, le processus de dépistage, qui comprend un entretien médical, une vérification de la température et un prélèvement d’échantillons, s’effectue dans un site de dépistage où le patient se rend à pied ou en voiture.

Une femme âgée s’apprête à pénétrer dans un site de dépistage du coronavirus situé à l’extérieur de l’hôpital de Yangji à Séoul, Corée du Sud.

Il a été démontré que ce mode de dépistage effectué à l’extérieur avec un contact physique minimum limite considérablement la propagation des infections et réduit la pression sur les hôpitaux. En testant les patients à l’extérieur, dans un parking ou dans de petites tentes cabines en plastique, les personnes potentiellement infectées sont tenues à l’écart des salles d’attente des hôpitaux, ce qui permet d’éviter les pertes de temps et de ressources consacrées aux mesures de désinfection indispensables en cas de tests effectués en milieu hospitalier.

Professeur au département de biophysique de l’université Sung Kyan Kwan, en Corée du Sud, Mme Sun-Ju Ahn est un membre clé du groupe de travail WG 4 de l’ISO. Très engagée en amont dans les travaux sur ces normes, elle tient à partager les lignes directrices et les résultats des initiatives « KWalk-Thru » lancées dans son pays. Fort de ces bases, et en tenant compte de l’expérience acquise par l’ensemble de ses membres, le WG 4 bâtira un consensus établissant la performance optimale de ces installations critiques.

Nurse wearing protective equipment stands by a car window with a nasal swab at a COVID-19 drive-in test station in Reading, PA.

L’importance de la distanciation 

« Il s’agit de systèmes qui peuvent être utilisés à l’échelle mondiale afin de réduire au minimum les contacts entre les patients et le personnel médical et qui permettent aussi de limiter considérablement l’emploi d’équipements de protection individuelle (EPI) », explique Mme Ahn. « Les sites de dépistage au volant ont été très efficaces au cours de cette pandémie. Ils ont permis un dépistage à grande échelle dans un temps limité. Cette approche est également utilisée dans d’autres pays, et les normes ISO fourniront une structure claire sur la façon dont tous les pays et les organisations de santé peuvent planifier de telles urgences et s’y préparer. »

L’importance d’isoler les patients les uns des autres, ainsi que le personnel médical chargé des tests et des soins, est une exigence décisive prise en compte par le groupe de travail. Les normes traiteront des chambres d’isolement à pression négative, où la circulation des soignants et des patients est strictement séparée. Ces chambres ont pour but d’éviter la dissémination du virus vers l’extérieur. Les diagnostics sont effectués sans contact physique direct. Le système de filtration de l’air empêche la sortie des agents pathogènes et permet d’établir des espaces de prélèvement fonctionnant comme des environnements séparés.

Il est de surcroît possible d’imposer un système de réservation rigoureux pour prévenir la dissémination du virus en cas d’urgence médicale, souligne Mme Ahn. En inscrivant leurs coordonnées en ligne avant de se présenter au test, les patients peuvent réduire le temps d’exposition à la contamination sur les sites de test en cabine et au volant. « Compte tenu de l’afflux de patients en cas de pandémie, les premières phases du processus de test peuvent être effectuées à distance, ce qui rend le processus de dépistage plus rapide, plus sûr et plus facile lorsqu’il s’agit d’opérer à grande échelle », précise Mme Ahn.

Three people line up on the street at a COVID-19 testing centre where a medical staff member in full white protective overalls performs the PCR swab test.

Autres défis à relever 

En cas d’urgences pandémiques, les organismes de soins de santé sont mis au défi de fournir rapidement des lits d’hôpitaux supplémentaires. L’établissement d’un cadre concernant les centres résidentiels d’accueil et de soins sera également inscrit au programme de travail du WG 4. En Corée du Sud, des centres résidentiels de soins ont été utilisés à titre de centres hospitaliers temporaires pour des patients présentant de légers symptômes dans l’incapacité de rentrer chez eux. Les hôpitaux et d’autres établissements ont ainsi pu libérer des lits pour des cas plus graves.

Dans ce domaine, l’objectif de la norme sera de faire en sorte que la capacité médicale d’un pays soit plus réactive et plus flexible lors d’une pandémie et qu’elle utilise le temps et les ressources de manière plus efficace dans l’optique d’une meilleure gestion des patients. Mme Ahn observe que si les organismes de santé et les gouvernements travaillent en collaboration avec le secteur privé, la formule des centres résidentiels de soins et le changement d’affectation de bâtiments vides peuvent contribuer grandement à améliorer la préparation et à la réponse aux situations d’urgence.

Pourquoi agir à l’international ? 

La pandémie de COVID-19 a révélé la résilience sous-optimale des systèmes de santé dans le monde, mettant en évidence la disparité entre la réponse des pays pour faire face à la crise, à l’échelon local comme à l’échelon global. Il est important de rappeler que chaque pays a un système de santé différent et une infrastructure politique et économique différente. Il existe donc une multitude d’experts en santé mondiale qui ont beaucoup à apporter à l’innovation et à l’amélioration des soins de santé d’urgence.

La crise nous force également à réfléchir à l’impératif de solidarité au sein de la communauté mondiale. Il faut que tous les pays se rassemblent dans le cadre d’une approche concertée pour revoir et améliorer la résilience de leurs systèmes de santé et leur capacité à faire face, tout en renforçant leur capacité d’adaptation, d’absorption et de transformation. Les normes ISO en cours d’élaboration fourniront des orientations importantes pour une coopération internationale partagée entre pays développés et pays en développement, en offrant de nouvelles solutions adaptées aux besoins de chacun pour une réponse mondiale coordonnée.  

Pour plus d’information, consultez le site web de l’ISO/TC 304.

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  • ISO/TC 304
    Management des organisations de soins de santé

Elizabeth Gasiorowski-Denis
Elizabeth Gasiorowski-Denis

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