Alors que sécheresses, inondations et pollution mettent à mal les réserves en eau mondiales, il est à prévoir que la demande augmentera de 55 % d’ici à 20501). La Journée mondiale de l’eau nous sensibilise à la nécessité de chercher des solutions qui permettront de satisfaire cette demande tout en trouvant des moyens concrets de répondre aux enjeux actuels.

L’ISO a élaboré, dans le domaine de l’eau, plus de 1 200 normes qui apportent des solutions pratiques à nombre de ces enjeux et contribuent ainsi directement à la réalisation du sixième Objectif de développement durable des Nations Unies : garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement.

Réutiliser l’eau, par exemple, permet de fournir des ressources en eau essentielles là où les besoins sont les plus grands. Si l’on considère que 80 % des eaux usées du monde sont rejetées dans l’écosystème sans être traitées ni réutilisées2), le potentiel est énorme. Face à ce problème, l’ISO a élaboré plusieurs normes visant à une utilisation plus rationnelle de l’eau, notamment deux séries de Normes internationales sur les eaux usées : ISO 24516, qui établit des lignes directrices pour la gestion des réseaux d’assainissement, et ISO 16075, qui encourage l’utilisation des eaux usées traitées en irrigation. S’y ajoutera la future norme ISO 24528, qui définira des lignes directrices pour la réduction des pertes d’eau dans les systèmes d’approvisionnement urbains.

Cela étant, des organisations de toutes sortes, en dehors du domaine de l’irrigation ou des services publics, peuvent jouer un rôle dans la gestion de cette ressource précieuse. ISO 14046 propose une technique d’évaluation harmonisée permettant de surveiller l’empreinte eau d’une organisation, et la future norme ISO 24526 définira les exigences de base relatives à une utilisation plus rationnelle de l’eau. En outre, un nouveau comité de projet chargé d’élaborer des normes pour l’étiquetage des produits économes en eau vient d’être créé.

Enfin, l’ISO travaille à l’élaboration de normes favorisant l’utilisation de nouvelles technologies et de solutions innovantes. La future norme ISO 30500 pour des systèmes d’assainissement non collectifs, notamment, permettra d’améliorer les conditions sanitaires des 1,8 milliard de personnes dans le monde qui utilisent une eau contaminée3).

Doulaye Koné, Directeur adjoint du département Eau, assainissement et hygiène de la Fondation Bill & Melinda Gates, explique que des travaux sont menés sur de nouvelles technologies permettant de fournir des toilettes propres dans des lieux dépourvus de systèmes d’assainissement fiables. M. Koné préside également le comité de projet ISO/PC 305, dont les travaux portent sur des lignes directrices à l’appui de ces nouvelles technologies.

« Les sanitaires autonomes sans réseau sont un nouveau secteur d’activité. Pour que ce secteur puisse se développer, il est nécessaire de disposer de lignes directrices permettant aux innovateurs d’investir leurs ressources intelligemment », estime-t-il.

« Les solutions disponibles aujourd’hui coûtent cher, il nous faut des économies d’échelle pour faire baisser les coûts. C’est également à ce niveau que les Normes internationales peuvent aider en établissant les spécifications pour des produits répondant aux besoins d’une vaste population. Une fois que les normes sont adoptées dans les pays, elles permettent à l’industrie de se développer et de mettre en concurrence sur le marché les meilleures innovations et services au prix le plus abordable. »

 

Vous en saurez plus sur les normes ISO relatives à l’eau en lisant notre brochure l’ISO et l’eau ainsi que le numéro d’ISOfocus consacré récemment à ce thème.


1) OCDE

2) ONU-Eau

3) Nations Unies-Questions thématiques: L'eau