Le dicton « un homme averti en vaut deux » est particulièrement vrai sur le marché de l’occasion, où le consommateur informé réalisera des achats plus sûrs. Il est important d’avoir conscience des éventuels risques que l’on court en achetant des articles usagés et des simples précautions à prendre pour ne pas se faire avoir.

Rae Dulmage, Président du comité de projet ISO/PC 245, Commerce frontalier de biens de seconde main, suggère quelques questions judicieuses qui aideront à décider s’il vaut la peine d’acheter tel ou tel produit : « À quoi va-t-il me servir ? Combien de temps vais-je l’utiliser ? » Il donne aussi quelques conseils : « Ne croyez personne sur parole, vérifiez par vous-même. Plus important encore, achetez chez un revendeur de bonne réputation, qui sait ce qu’il vend. Et appliquez les principes d’ISO 20245. »

La norme ISO 20245:2017, Commerce frontalier de produits de seconde main, qui vient d’être publiée, fournit aux pouvoirs publics une précieuse base de référence dans les efforts qu’ils déploient en vue d’établir des critères minimaux pour le contrôle des biens d’occasion destinés au commerce avec d’autres pays. Au niveau mondial, c’est la toute première Norme internationale relative aux biens de seconde main (BSM) destinés à être commercialisés, vendus, donnés ou échangés entre des pays. L’enjeu est important car la norme a aussi pour objet d’aider à réguler ce marché informel et à éviter l’envoi à la décharge de milliers de tonnes de matériels dont les propriétaires ne veulent plus.

Selon un rapport de 2017 sur l’économie de seconde main publié sur le site de petites annonces Kijiji, le marché canadien des produits usagés et d’occasion a progressé l’an dernier pour atteindre 29 milliards de dollars canadiens, soit un milliard de plus que l’année précédente. Et le Canada n’est pas le seul à connaître une telle évolution.

Le commerce de produits de seconde main continue de croître chaque année, en particulier dans les pays en développement ou à économie en transition. Les utilisateurs attendent des produits qu’ils achètent qu’ils soient sûrs, exempts de défauts et que leur durée de fonctionnement soit raisonnable, même s’il s’agit de biens d’occasion.

Comme tout produit neuf, les biens d’occasion doivent répondre aux attentes d’un consommateur raisonnable, pleinement conscient du fait que les biens qu’il acquiert sont des biens de seconde main. Les produits doivent remplir des critères d’acceptabilité et satisfaire à des exigences spécifiées, notamment concernant la qualité, les informations sur le produit et les conditions d’utilisation, ainsi que des indications supplémentaires concernant l’état des biens en question.

La nouvelle norme ISO 20245 précise comment évaluer et classer les produits selon leur état : classe A (très bon état), classe B (bon état), classe C (état acceptable), classe D (mauvais état). Ces critères mesurables sont très utiles aux importateurs, exportateurs ou aux gouvernements, pour contrôler les biens de seconde main au point d’entrée et en transit sur le territoire. Ils garantissent ainsi la protection des consommateurs et de l’environnement.

Rae Dulmage espère que les pratiques relatives aux biens de seconde main décrites dans ISO 20245 deviendront universellement applicables et disponibles. « Si les pays appliquent les exigences d’ISO 20245 dans le cadre de leurs règlements d’importation, les organisations les intégreront dans leurs pratiques d’achat et de transformation, et les organismes de bienfaisance les appliqueront systématiquement dans leurs activités. Les produits dangereux et peu fiables seront progressivement retirés du marché et mis au rebut de façon appropriée. »

En ce qui concerne les consommateurs, il fait valoir qu’ISO 20245 les aidera à obtenir des biens d’occasion sûrs et réparables, pour un rapport qualité/prix intéressant.

La norme ISO 20245:2017 a été élaborée par le comité de projet ISO/PC 245, Commerce frontalier de biens de seconde main, dont la présidence est actuellement assurée par le SCC (membre de l’ISO pour le Canada) dans le cadre d’un accord de jumelage avec la SAC (membre de l’ISO pour la Chine), qui en assure le secrétariat.

Vous pouvez acquérir ISO 20245:2017 auprès du membre de l’ISO dans votre pays ou via l’ISO Store.