De l’Australie au Nigeria, vers l’édification de villes intelligentes

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Maria Lazarte
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Avec l’augmentation constante de la population mondiale, les ressources de notre planète sont mises à rude épreuve. D’ici 2050, près de 9,1 milliards d’habitants résideront en zone urbaine, il sera alors de plus en plus difficile d’assurer une bonne qualité de vie et de garantir à tous l’égalité des chances. La solution : édifier des villes intelligentes et durables. Trois villes très différentes nous expliquent ici comment elles comptent atteindre cet objectif.

 

Les villes intelligentes s’appuient sur la technologie pour améliorer l’efficacité, les services et la durabilité de leurs infrastructures, mais comment y parviennent-elle concrètement ? De Barcelone à Johannesburg, les enjeux sont différents. La première étape est précisément l’identification des enjeux. La norme ISO 37120 présente des indicateurs communs à prendre en compte par toutes les villes qui aspirent à devenir « intelligentes ». Ces indicateurs couvrent presque tous les aspects de l’activité humaine, y compris le logement, l’éducation, la santé, les services d’assainissement, les secours incendie et les interventions d’urgence, la gouvernance et les transports. Les modes de mesure définis dans la norme aident les villes à évaluer où elles se situent et à « diagnostiquer » les domaines à améliorer.

L’intérêt, pour les villes, de recourir à des indicateurs harmonisés au niveau international tient à la possibilité de mutualiser les expériences et les bonnes pratiques. Aujourd’hui, à travers le monde plus de 20 villes – de Bogota à Dubaï, de Guadalajara à Toronto, de Boston à Shanghai, d’Amsterdam à Makati – utilisent ISO 37120.

M. Nick Casey, Analyste de recherche principal au Smart City Office de Melbourne (Australie), M. Abdul Husseini, Urbaniste et Analyste géospatial à Minna (Nigeria), et M. Tinashe Mushayanyama, Directeur de l’information stratégique et de la recherche à Johannesburg (Afrique du Sud), expliquent chacun ce qu’ils ont appris de l’application d’ISO 37120 dans ces trois villes que tout différencie.

Quel était le principal enjeu lié à l’utilisation d’ISO 37120 dans votre ville ?

Melbourne : La ville de Melbourne a décidé d’utiliser ISO 37120 avant tout pour pouvoir participer à un programme d’évaluation comparative permettant d’établir, avec des critères de mesure cohérents, le niveau de performance des villes. Depuis 1993 environ, Melbourne cherchait à participer à un programme concluant d’évaluation comparative des villes afin de mieux se situer en termes de compétitivité, de qualité de vie et de durabilité.

Minna : ISO 37120 a servi de base de travail commune aux organismes chargés de générer des données urbaines pour collaborer, traiter et analyser les informations disponibles afin de prendre des décisions plus efficaces pour notre ville.

Johannesburg : La ville de Johannesburg a adopté une Stratégie de relations internationales en 2012 pour promouvoir des jumelages entre villes et la création de réseaux mutuellement bénéfiques. Dans cette optique, les indicateurs d’ISO 37120 ont permis à Johannesburg de présélectionner plus facilement des villes et de se focaliser sur les domaines dans lesquels établir des relations.

L’initiative a-t-elle donné des résultats probants ?

Melbourne : ISO 37120 a fourni à la ville un ensemble d’indicateurs de base indispensables et vérifiables de façon indépendante. Bon nombre d’entre eux seront très utiles pour nous aider à axer notre planification sur les résultats souhaités et suivre l’avancement de manière fiable. Melbourne peut utiliser de nombreux indicateurs de la norme pour surveiller les objectifs indiqués dans les Plans officiels. Elle peut le faire à différents niveaux, soit individuellement, dans des domaines tels que la durabilité, soit au niveau de la ville dans son ensemble, et avoir une image parlante des performances.

Minna : Si nous avons appris une chose de cette expérience, c’est bien que sans normalisation et sans base de comparaison de référence, les données collectées donnent généralement des résultats sans intérêt ou redondants. En travaillant avec le Conseil mondial des données urbaines (WCCD) à l’application d’ISO 37120, nous avons pu comparer nos données avec celles d’autres villes à travers le monde. Les indicateurs d’ISO 37120 sont désormais intégrés au modèle de collecte des données du Bureau national des statistiques.

Johannesburg : Jusqu’ici, la ville de Johannesburg a utilisé la norme ISO pour quantifier les résultats de notre stratégie de croissance et de développement approuvée en 2011. Nous sommes également en train d’examiner l’ensemble de nos indicateurs pour les aligner sur ceux d’ISO  37120.

Quelle est la suite ?

Melbourne : J’aimerais que dans cinq ans la ville de Melbourne soit au cœur d’un réseau d’instances et d’administrations publiques travaillant en collaboration pour évaluer la ville, développer de meilleurs ensembles de données plus compatibles avec ISO 37120, partager numériquement les données et en utiliser certaines pour améliorer les performances de la ville – par exemple au niveau des délais d’intervention des services d’urgence et de police. L’application de la norme ISO à ces services permettrait non seulement d’en favoriser la normalisation, mais aussi d’améliorer la collecte des données. Ainsi, les données utilisées pour gérer les performances seraient plus fiables et il y aurait davantage de données pour la communauté.

Minna : Nous aimerions d’ici cinq ans être en mesure d’avoir plus d’informations sur des sujets critiques qui ne font guère l’objet de rapport à l’heure actuelle, notamment sur les émissions de gaz à effet de serre, la répartition des modes de transport et l’informatisation et l’utilisation de l’Internet, Il s’agit d’indicateurs très importants sur le niveau de développement et de sophistication d’une ville. À l’heure actuelle, pour des raisons d’ordre technique, il n’y a pas, ou très peu, de données sur ces indicateurs au niveau de la ville.

De mon point de vue et d’après mon expérience, il est important de noter que la pertinence d’ISO 37120 va bien au-delà des indicateurs et de la collecte et de la normalisation des données sur les différents secteurs. La norme a attiré l’attention sur un élément fondamental : les données urbaines indispensables pour une planification performante. Sachant qu’il n’est pas rare que ces données n’existent pas, il est nécessaire de remédier à cette situation afin de relever les différents défis auxquels sont confrontées nos villes tentaculaires. C’est en connaissant les points forts et les points faibles de nos villes que nous pourrons œuvrer pour atteindre les cibles de l’Objectif 11, qui fait partie de l’ensemble des objectifs de développement durable adoptés récemment par l’ONU.

Johannesburg : Dans cinq ans, nous voudrions que Johannesburg soit en voie de devenir une ville intelligente où le big data jouerait un rôle déterminant dans l’élaboration des politiques. Le big data peut également renforcer ce que nous apprenons d’autres villes. En fin de compte, nous aimerions innover pour que la modalité des prestations que Johannesburg offre à ses habitants soit intelligente.


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