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Son histoire a tout pour faire un grand succès à Hollywood – la victoire sur lʼadversité. Ester Williams, lauréate du Prix ISO/DIN, nous raconte une enfance dans des conditions difficiles, sa fierté de lʼachat de la maison familiale, le rôle quʼun travail acharné a joué dans sa carrière – et la campagne quʼelle mène dans son pays, la Jamaïque, en faveur des normes.

Dès que je passe la porte de la pièce où je mʼapprête à accueillirEster, son magnifique sourire lumineux me frappe. Au boutde quelques minutes à peine, elle me raconte son enfance,sa famille, ses ambitions et ce qui lʼa portée jusque-là, et je suisconquise par son sourire radieux. Je comprends néanmoins assez viteque la gaieté qui émane dʼEster est un mode de défense personnel –pour masquer insécurités et malheurs.

Ester Williams est la lauréate du prix ISO/DIN 2014 pour les jeunes professionnels dans les pays en développement. Lʼarticle et la vidéo quʼelle a réalisés sur le thème « Un avenir énergétique durable – En quoi les normes peuvent-elles aider à relever ce défi », ont su, selon M. Torsten Bahke, Directeur du DIN, saisir lʼurgence de notre situation actuelle et décrire de manière éloquente la situation en Jamaïque en montrant bien comment les normes peuvent véritablement avoir un impact positif.

Une enfance très modeste

Photo: Ester Williams

Elle est intelligente et charismatique, ça saute aux yeux – le genre de jeune femme qui semble avoir toujours eu la vie facile. Mais il nʼen est rien. Née dans une communauté jamaïcaine en proie à la violence, Ester avait seulement quatre mois quand son père a abandonné sa famille. Elle a grandi dans un environnement marqué par les disputes et où lʼargent manquait souvent pour faire vivre une famille de 16 personnes – ce qui nʼest pas rare en Jamaïque.

Elle sait quʼil était extrêmement difficile pour sa mère de lʼélever sans grand soutien de la part de son père. Mais pour elle, le retour de ce père après une longue absence a été encore plus dur. Comment réagit-on quand on voit son père revenir au bout de dix ans et sa mère enceinte dʼune petite sœur ? Ester le dit sans hésitation : « Jʼétais déprimée, le cœur brisé. Je pleurais sans cesse à la maison et au travail en pensant à cet enfant de plus qui allait venir. »

Elle nʼen veut pourtant pas à ses parents. « Au début, jʼétais vraiment blessée, mais après un certain temps jʼai accepté la situation, changé dʼétat dʼesprit et me suis concentrée sur ce que moi je pouvais apporter en retour. »

Une jeune fille motivée

À lʼécole, Ester a choisi les finances comme matière principale et le commerce international comme option annexe, espérant un jour obtenir un poste dans le secteur de la finance et de la banque. Alors pourquoi sʼest-elle plus tard tournée vers lʼéconomie ? Elle éclate de rire en joignant les mains : « Pour voyager à travers le monde et construire ma vie ! »

Sa vie, elle ne la voit pas comme une revanche sur ses souffrances passées. Elle précise : « Jʼaime être occupée, apprendre, avoir du plaisir au travail – jʼadore les défis et la satisfaction du travail accompli ! » Et cependant, Ester sait se battre comme personne. La période de lʼadolescence a été particulièrement rude pour elle. « Il nʼy avait pas dʼargent à la maison. Les week-ends, je voyais mes parents sʼéchiner avec leur petit commerce de plats de poulet sauté à la jamaïcaine. »

À lʼâge adulte, la vie dʼEster a pris un autre cours. À 22 ans, tout a changé quand elle a été engagée au Bureau jamaïcain des normes (BSJ) comme caissière. Plutôt que de dépenser son argent durement gagné, la jeune femme a commencé à économiser. Deux ans plus tard, avec une mise de fond de 320 000 dollars jamaïcains (JAD), elle a acheté pour sa famille une maison de JAD 3,2 millions. « Lʼachat de cette maison a été le plus beau cadeau que jʼaie jamais eu. Je savais que ça allait être dur, mais je savais que je devais le faire. Cʼest une maison très accueillante. Je lʼadore ! Jʼen ai la responsabilité ! »

Comment votre famille a-t-elle réagit face à cette acquisition ? « Rien de plus normal ! » Lʼexpérience lʼa poussée à vouloir travailler encore plus. Après quelques années au BSJ, elle décide de reprendre des études pour obtenir un master. Jongler entre les heures de cours et les heures de bureau nʼétait pas facile, mais cela sʼest avéré payant puisquʼen 2010, la voilà mutée avec une promotion à la Division des normes. « Jʼapprends vite et jʼaime me donner à fond dans mon travail, jʼai appris à gérer des réunions, rédiger des compte rendus, et prendre des responsabilités. »

Promotion des normes

Ester s’épanouit au Bureau jamaïcain des normes (BSJ).
Photo: Ester Williams

Ester sait maintenant non seulement élaborer des normes, mais elle sait aussi comment en faire connaître lʼimportance et les avantages. Aujourdʼhui, elle est responsable au service de lʼélaboration des normes et de la certification – une belle progression par rapport à son premier travail à la caisse. Mais ce nʼest pas tout. Dans cet élan, elle sʼest découvert une passion : écrire des histoires courtes et créer des vidéos pour promouvoir la vision et la mission du BSJ. Il y a quelques mois, elle a été classée deuxième meilleure employée de lʼannée 2013-2014 au BSJ.

Ester milite depuis longtemps pour lʼenseignement supérieur et les jeunes. Elle veut parvenir à redonner goût à cette belle discipline quʼest la normalisation, en particulier dans les pays en développement comme la Jamaïque. « Avec le développement rapide de la technologie, les jeunes surtout ne sʼy intéressent pas. Je me suis donc donné pour mission – au niveau local et dans le monde – de battre le tambour jusquʼà ce que tout le monde voie que les normes sont partout et que nous les utilisons tous les jours ! ! ! »

Quels sont vos projets pour lʼavenir ? « Je suis très ouverte pour la suite » dit Ester. « Jʼaimerais approfondir ma carrière dans la normalisation. Jʼai lʼexpérience, alors pourquoi nʼirais-je pas plus loin, il y a peut-être des possibilités de carrière au niveau international, qui sait ? », plaisante-t-elle.

Et elle nʼa en effet pas lʼair de vouloir sʼarrêter en chemin. La jeune femme sʼest fixé un nouveau défi professionnel (à moins que ce ne soit quʼune suite logique normale pour elle) : obtenir un nouveau Master en Normalisation, réglementation sociale et développement durable à lʼUniversité de Genève. Un diplôme qui, selon elle, « sera une force de plus ».

La force de lʼambition

Notre entretien touche à sa fin. La jeune trentenaire se montre fière et passionnée – fière de sa famille et de son pays – sans trace dʼamertume pour les souffrances de son enfance. Elle veut aller loin, cʼest clair !

Pour me laisser un petit souvenir de son passage, sans se départir de son sourire lumineux, Ester me tend un porte-clés avec le drapeau jamaïcain. Pour elle, jʼen ai la certitude, aucune difficulté nʼest insurmontable et aucun défi trop ambitieux.

De retour au bureau, mes collègues me demandent si elle est aussi chaleureuse et aussi pétillante en vrai que dans sa vidéo. Vous voulez le savoir ? Cʼest sans doute la jeune femme la plus charmante que jʼaie jamais rencontrée, et qui plus est, elle est intelligente et encore bien plus forte quʼelle en a lʼair. 


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Cet article est tiré de l' ISOfocus

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