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La consommation mondiale de plastique, qui s’élève à près de 250 millions de tonnes, est telle que cette industrie a fait de la sécurité l’une de ses plus hautes priorités. Claudio Celata, le nouveau Président du comité technique de l’ISO relatif aux machines pour les matières plastiques et le caoutchouc, nous fait part ici de ses réflexions sur ce secteur et sa croissance spectaculaire, et nous explique pourquoi il faut des normes uniformes et cohérentes.

Qu’est-ce qui est léger, résistant et plus performant que certains matériaux conventionnels ? Le plastique, bien sûr. L’utilisation du plastique a pris une ampleur colossale ces dernières années, tout comme le développement des machines qui servent à le produire. Il n’y a pas si longtemps, les producteurs de machines pour les matières plastiques (et le caoutchouc) étaient concentrés dans une poignée de pays, et chacun avait ses propres spécifications de sécurité. Aujourd’hui, leur production s’est élargie à de nombreuses régions du globe – la Chine, l’Inde et le Brésil étant les principaux protagonistes. Le secteur se porte bien, c’est le moins que l’on puisse dire.

Claudio Celata connaît bien la question : il a fait de la sécurité des machines pour les matières plastiques et le caoutchouc un thème clé de sa carrière – qui a commencé du temps où beaucoup de dispositifs de sécurité que nous connaissons aujourd’hui manquaient encore et où il n’était pas rare que les personnes y laissent leurs doigts. M. Celata est le nouveau Président du comité technique ISO/TC 270, Machines pour les matières plastiques et le caoutchouc, dont le secrétariat est assuré par UNI, le membre de lʼISO pour lʼItalie. Il est également consultant auprès d’ASSOCOMAPLAST, l’association italienne des constructeurs de machines et moules pour plastiques et caoutchouc. Il présente quelques-unes des tendances dans le secteur, les défis qui l’attendent, et en quoi les normes servent de tremplin à l’innovation.

Détail d’un turboréacteur.
ISOfocus : Quels sont les principales dynamiques dans le  marché des machines pour les matières plastiques et le caoutchouc ? Comment influent-elles sur les ventes et la production mondiales ?

Claudio Celata : Le domaine des machines utilisées pour la préparation, la transformation et la récupération des matières plastiques et du caoutchouc a connu une croissance considérable depuis ses débuts dans les années 1950, en particulier avec l’émergence de nouveaux marchés au cours de ces dix dernières années. Autrefois, le marché mondial était dominé par les producteurs allemands, italiens, japonais et américains, mais ce sont des fabricants dans des pays comme la Chine, le Brésil et l’Inde qui occupent maintenant le devant de la scène. Cela s’explique principalement par leur industrialisation croissante et l’explosion de la demande que cela a entraîné, en particulier dans la construction automobile, l’électroménager et le secteur du jouet.

Quels sont aujourd’hui les enjeux clés et les segments en pleine expansion du secteur ?

La consommation individuelle de matières plastiques augmente d’année en année dans le monde entier, mais dans des proportions variables selon les régions. Par exemple, la consommation individuelle avoisine les 100 kg/an en Scandinavie et dépasse les 90 kg/an aux États-Unis. Par contre, elle ne s’élève qu’à 52 kg/an en Chine et à 9 kg/an seulement en Inde. Ces chiffres montrent que la hausse de la consommation de matières plastiques – estimée à 250 millions de tonnes en 2014 pour le monde entier – correspond à l’essor industriel de certains pays comme la Chine et l’Inde.

Il faut également prendre en compte les applications typiques des matières premières plastiques. Dans la construction automobile, par exemple, les composants en plastique représentaient environ 100 kg par véhicule en 2000, aujourd’hui ils dépassent les 150 kg. Un autre exemple parlant est celui des emballages agro-alimentaires : les plastiques offrent les meilleures conditions de conservation et permettent de fabriquer des emballages beaucoup plus légers que le verre ou le métal, etc.

Combien d’innovations entreront dans notre quotidien avec les matières plastiques ?

Les matières plastiques sont devenues indispensables – et irremplaçables – dans un grand nombre de domaines. Si elles sont si efficaces, c’est parce qu’elles sont très performantes. En témoignent ces quelques exemples :

  • Grande résistance à la traction avec conception rationnelle des structures
  • Réduction de la proportion en poids
  • Haute reproductibilité dans le traitement (moins de déchets)
  • Coûts de fabrication plus bas
  • Meilleure adéquation aux réglementations
  • Plus grande flexibilité dans la conception (consolidation partielle)
  • Réduction des emballages et des coûts de transport
  • Durée de vie utile jusqu’à six fois plus longue

Il apparaît essentiel de veiller à l’uniformité et à la cohérence des normes.

Motivées par la nécessité de réduire le poids et la consommation de carburant de leurs engins, les entreprises des secteurs automobile et aéronautique sont celles qui ont déployé le plus d’efforts pour remplacer les composants ou pièces métalliques par leurs équivalents plastiques. S’ils sont bien conçus, les plastiques transformés peuvent être aussi solides que le métal. Ils peuvent également être plus résistants aux agents chimiques et faire preuve d’une résistance exceptionnelle aux températures élevées, ce qui fait d’eux de bons candidats pour les systèmes d’alimentation en carburant, les systèmes de manutention de combustibles et d’autres applications impliquant de hautes températures.

Les matières plastiques trouvent aujourd’hui toutes sortes d’applications. Pensez notamment à leur prévalence dans le domaine médical. Avec le vieillissement de la population, la demande de prothèses en plastique n’a jamais été aussi grande et importante. Le plastique est de plus en plus utilisé dans des interventions courantes comme la pose de prothèse de la hanche. Et ce n’est qu’une goutte d’eau dans la mer !

Le marché mondial des plastiques moulés par injection devrait atteindre, d’après les estimations, 116 171,4 kilotonnes d’ici la fin de l’année 2018. Faut-il s’attendre à une demande accrue de normes ?

Claudio Celata, nouveau Président de l’ISO/TC 270,
Machines pour les matières plastiques et le caoutchouc
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La demande de normes ISO relatives à la sécurité des machines utilisées pour la préparation, la transformation et la récupération des matières plastiques et du caoutchouc représente une évolution dans l’élaboration des normes. Compte tenu de l’utilisation accrue de matières plastiques et de caoutchouc, et des délocalisations dans différents continents, il apparaît essentiel de veiller à l’uniformité et à la cohérence des normes si l’on veut assurer les plus hauts niveaux de sécurité possible dans le monde. Cela évite de courir le risque que les dispositifs et les mesures de sécurité ne deviennent des obstacles au commerce international des matières plastiques.

À quelles difficultés l’ISO/TC 270 est-il confronté ? Avez-vous des plans ou des projections ?

Le plus difficile – si tant est que l’on puisse appeler cela une difficulté – est souvent de réunir dans une même norme toutes les exigences techniques énoncées dans les normes ou les réglementations en vigueur dans les différents pays et les différentes régions du monde. Ce n’est pas une mince affaire.

Pour ma part, je dois accepter d’être plus patient. Le comité va dans un premier temps étudier les projets de normes sur d’autres machines dont nous avons parlé précédemment. Nous espérons voir de grandes choses sortir de cette étude, et nous nous réjouissons de pouvoir faire part de nos avancées à tous ceux qui suivent nos travaux et utilisent nos normes !


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