Hulda est analyste technique chez Sebrae, Service brésilien de soutien aux micro- et petites entreprises (MPE), qui a pour mission de contribuer à améliorer la compétitivité des MPE et d’encourager l’esprit d’entreprise. Il a pour but de renforcer l’économie nationale où 99 % des entreprises sont des petites entreprises dont la part représente 25 % du PIB du pays. L’organisme à but non lucratif apporte un soutien à plusieurs niveaux, notamment en facilitant l’accès au crédit et aux technologies de l’information. Le projet piloté par Hulda ces dernières années est axé sur l’accès à la technologie et à l’innovation, au travers des normes.

Accès au savoir technique

L’ancien Président de l’ISO, Boris Aleshin, remet à Hulda Oliveira Giesbrecht le tout premier Prix ISO lors de l’Assemblée générale de l’ISO à Saint-Pétersbourg.

Pour Hulda, l’un des plus grands défis pour les micro- et petites entreprises (MPE) brésiliennes est l’accès aux connaissances techniques. Et c’est précisément ici, estime-t-elle, que les normes peuvent apporter leur aide. « Les normes capitalisent les connaissances techniques de pointe.


Si les MPE ont la possibilité d’accéder à ces documents et savent comment les utiliser, elles peuvent mettre ces connaissances à profit dans leurs activités », m’a-t-elle expliqué, à l’issue de la cérémonie officielle de remise du Prix, en observant que les normes ne répondent pas toujours exactement aux besoins spécifiques des MPE, qui peinent à s’impliquer dans le processus pour l’orienter.

C’est dans cette perspective que Sebrae (en collaboration avec ABNT, membre brésilien de l’ISO) a mis en place, voilà cinq ans, un projet pour aider les MPE à mieux comprendre l’intérêt de recourir aux normes, à identifier leurs besoins dans ce domaine et à s’impliquer dans le processus d’élaboration des normes. Ce projet a abouti à l’identification de nouveaux domaines de travail et à la création, au sein de l’ABNT, de 10 nouveaux comités de projet chargés d’élaborer des normes pour répondre aux besoins spécifiques des MPE.

« Par exemple, explique Hulda, en parlant avec les gens du secteur apicole, nous avons pu noter qu’il y avait de très nombreuses questions autour de la fabrication des ruches, notamment sur la forme, les dimensions et le type de bois à utiliser. En travaillant ensemble, nous avons pu définir le mode de construction le plus efficace et ce savoir-faire est désormais à la disposition de tous les apiculteurs du pays sous la forme d’une norme. Depuis l’introduction de la norme, la production de miel a augmenté de manière significative. »

Soutien à la mise en œuvre

Hulda a aussi cherché des moyens d’aider les MPE à appréhender les normes, sachant que, pour les petites structures, l’exercice peut parfois être délicat. « En ce moment, nous travaillons dans le secteur de l’hôtellerie pour aider à mettre en place des systèmes de management de la sécurité sanitaire des denrées alimentaires, en prévision de la Coupe du Monde 2014, qui aura lieu au Brésil. » À ce propos, elle a signalé que « ISO 22000 peut être difficile à mettre en œuvre pour les très petites entreprises. Nous travaillons donc avec des hôtels, des bars et des restaurants pour les aider et rendre la norme plus accessible. »

Reprendre la démarche au niveau international

Dans le cadre du Prix ISO, Hulda recevra une somme de 20 000 francs suisses pour financer un autre projet destiné aux MPE. Elle compte exploiter à l’échelon international les fruits du travail réalisé au Brésil avec Sebrae. L’an prochain, elle prévoit de mener une recherche sur les initiatives analogues dans d’autres pays, et de dresser des lignes directrices pour soutenir les petites entreprises dans la mise au point et l’utilisation des normes. Les résultats de ce projet et les éventuelles recommandations seront présentés l’année prochaine à l’Assemblée générale, qui se tiendra à Rio de Janeiro, au Brésil.

À propos du Prix ISO

Le Prix ISO a été créé pour récompenser, à titre individuel, des personnes qui encouragent le recours aux normes ISO et en font comprendre tout l’intérêt. Cette nouvelle distinction est unique car elle vise à reconnaître les efforts de personnes qui ne travaillent pas pour l’ISO, ses comités membres ou ses comités techniques.

L’idée a été suggérée par Boris Aleshin, ancien Président de l’ISO, en gage de remerciement pour celles et ceux qui aident à faire avancer la cause des normes, sans pour autant recevoir les signes de reconnaissance qui leur sont dus.