L'«innovation collaborative» et les défis mondiaux: la contribution de l'ISO

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Sur fond de tensions financières mondiales, les participants à la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF), du 23 au 27 janvier à Davos, Suisse, ont désigné l'«absence de coordination des réponses et le manque de leadership» comme la préoccupation majeure face aux problématiques actuelles et futures d'ordre économique, environnemental et social du monde globalisé.

La plupart des débats dans ce contexte ont cherché à cerner comment l'«innovation collaborative» peut apporter des réponses aux trois défis mondiaux majeurs: le changement climatique, l'approvisionnement en eau saine et l'alimentation. La corrélation entre ces éléments est de plus en plus marquée et il faut conjuguer :

  • sciences et technologies
  • mesures économiques, réglementaires et fiscales
  • meilleures pratiques
  • communication, et
  • partenariats public-privé.

L'ISO, premier producteur de normes de ce type, compte dans sa collection actuelle plus de 17 000 documents. La production mensuelle moyenne, quelque 100 normes nouvelles ou révisées couvrant une vaste gamme de domaines, a marqué une augmentation de 32 % ces cinq dernières années.

M. Bryden a mis l'accent sur certains développements récents de l'ISO se rapportant aux grands défis mondiaux pour lesquels une innovation collaborative est particulièrement nécessaire.

Changement climatique

En ce qui concerne le changement climatique, un accord général s'est dégagé à Davos sur le fait que les systèmes d'échange de droits d'émission de carbone et autres gaz à effet de serre (GES) sont une réponse appropriée pour encourager l'investissement et l'action en vue de la réduction de ces émissions. A la condition, toutefois, que ces nouveaux marchés soient fondés sur une comptabilisation chiffrée appropriée, reconnue au plan international, et sur des mécanismes de vérification aux différents niveaux concernés.

Cela implique que l'on établisse au niveau national, sectoriel et des entreprises des objectifs de réduction des émissions par des systèmes de quotas d’émission échangeables «cap and trade», des évaluations de «l'empreinte carbone» et des cibles «zéro-carbone» avec des exigences correspondantes approuvées au plan international pour la vérification des déclarations de réduction d'émission et des résultats obtenus.

La nécessité d'une plus grande cohérence et d'une convergence des normes dans ce domaine a été en particulier soulignée par les participants. M. Bryden a signalé la publication par l'ISO des normes ISO 14064 et ISO 14065 sur la vérification et la quantification des émissions de GES et la collaboration établie entre l'ISO et certaines des initiatives majeures du secteur privé dans ce domaine.

Il a, à cet égard, souligné l'élargissement des travaux du comité technique de l'ISO, ISO/TC 207, Management environnemental, à d'autres questions liées au changement climatique, y compris à l'évaluation et aux déclarations en matière de bilan carbone. Il a ajouté que l'ISO a prévu d'accélérer la production de normes liées à l'efficacité énergétique et aux énergies renouvelables.

Approvisionnement en eau saine

Une séance plénière et cinq sessions parallèles étaient consacrées à la question de l'approvisionnement en eau saine. Il a été souligné que les effets combinés du changement climatique, de la démographie et de l'utilisation actuelle excessive des ressources en eau font de cette question un enjeu qui est aussi important pour la planète que le changement climatique lui-même et suscite des tensions politiques croissantes.

Dans ce domaine, l'ISO a récemment publié un ensemble de nouvelles normes qui offrent à la communauté internationale des outils concrets pour aborder le défi mondial qui consiste à gérer de manière efficace les ressources limitées en eau afin d'assurer à la population mondiale l'accès à une eau potable sûre et aux systèmes d'assainissement.

Les normes ISO 24510, ISO 24511 et ISO 24512 visent à aider les autorités responsables des services de l'eau et leurs opérateurs à atteindre un niveau de qualité qui réponde au mieux aux attentes des utilisateurs et aux principes du développement durable.

L'ISO prévoit de développer un Accord international d'atelier (IWA) sur des lignes directrices pour le management des services publics de l'eau potable en situation d'urgence ou de crise.

Alimentation

L'alimentation est également un domaine où il est urgent de faire preuve d'innovation pour répondre à la complexité des enjeux. Il y a notamment le fait que l'agriculture consomme 90 % des ressources mondiales en eau, des facteurs comme l'impact de l'augmentation et du vieillissement de la population mondiale, et la course au rendement agricole poussée par des exigences conflictuelles entre les besoins alimentaires et les besoins énergétiques (par exemple les biocarburants). Une problématique associée tient au fait que la déforestation accrue destinée à augmenter les surfaces de culture a des effets négatifs sur le niveau des émissions de GES.

Parmi les travaux de l'ISO ayant une incidence positive dans le domaine figure notamment la norme ISO 22000 pour les systèmes de management de la sécurité des denrées alimentaires, déjà mise en œuvre dans quelque 60 pays, et les autres normes de la famille ISO 22000.

L'ISO a également créé un comité chargé de l'élaboration de normes dans le domaine des biocarburants, qui tirera parti de la plate-forme que constitue l'ISO pour traiter des différents aspects de cette question. Le nouveau comité axera ces travaux sur les propriétés physiques et chimiques de l'utilisation et de la diffusion de l'éthanol et du biodiesel, avec la possibilité d'activités futures de l'ISO sur les aspects des biocarburants liés à l'environnement et au développement durable.

Les biotechnologies sont un nouveau territoire pour l'innovation – et donc pour la normalisation internationale. Elles couvrent à la fois le domaine agro-alimentaire, les questions d'ordre sanitaire et médical ainsi que l'industrie de transformation. M. Bryden a indiqué que l'ISO est actuellement active dans ce domaine et qu'elle étudie la possibilité de s'y engager davantage.

Autres contributions de l'ISO

Les travaux et les réalisations de l'ISO dans un certain nombre d'autres domaines peuvent apporter une contribution positive à d'autres sujets de préoccupation abordés à Davos :

  • l'efficacité et la sécurité de la chaîne d'approvisionnement mondiale avec les normes de la série ISO 28000 sur le système de management de la sureté de la chaîne d'approvisionnement
  • l'émergence du «consommateur soucieux du développement durable» prêt à prendre en compte l'impact environnemental et sociétal des produits et des services comme un critère de choix important, pour autant que les déclarations et les informations associées soient claires et fiables (l'ISO/COPOLCO, Comité de l'ISO pour la politique en matière de consommation, s'est déjà penché sur la question)
  • la responsabilité sociétale de l'entreprise du 21ème siècle, pour laquelle des bonnes pratiques et la transparence devraient être encouragées (l'ISO élabore actuellement la norme ISO 26000 qui établira des lignes directrices en matière de responsabilité sociétale).

L'impact croissant des grandes économies émergentes

La participation à la réunion de Davos a illustré, à nouveau, l'impact croissant de la Chine et de l'Inde sur l'économie mondiale. Avec le Brésil, ces deux grands pays rejoignent en 2008 l'Afrique du sud, un autre pays émergent de premier plan, au sein du Conseil de l'ISO. Tous ont confirmé leur engagement à contribuer à la normalisation internationale, y compris en renforçant leur participation aux activités de l'ISO et leur adoption des normes ISO.

De manière plus générale, l'ISO accélère la mise en œuvre de son Plan d'action de l'ISO pour les pays en développement, pays qui représentent près de 80 % des 157 pays membres de l'ISO.


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