«L'ISO apporte une contribution importante à la protection du climat», déclare Richard Kinley, chef par intérim du Secrétariat de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), dans un entretien exclusif paru dans le numéro de juin d'ISO Focus (www.iso.org/isofocus), la revue de l'Organisation internationale de normalisation.

Pour M. Kinley, «à l'instar de normes destinées à n'importe quel autre secteur du marché, ces normes ISO serviront de cadre pour évaluer et vérifier les gaz à effet de serre à différents niveaux. Leur application à grande échelle diminue le coût des transactions des entreprises.


Par exemple, pour celles qui opèrent dans plusieurs pays, le coût de la maîtrise de différents règles et règlements disparaîtrait.»

Le fait que des normes ISO soient associées au développement d'échanges de droits d’émission est un aspect que M. Kinley juge positif. «Les normes ISO fournissent des lignes directrices pour différents systèmes de transactions sur les marchés et contribuent ainsi à ce que les acteurs économiques intègrent la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans leurs prises de décision. Les normes ISO peuvent également servir de base pour aider à l'articulation de différents mécanismes d'échange, en assurant que le produit, en l'occurrence le carbone, est considéré équivalent.»

Le Mécanisme pour un développement propre (MDP), un des mécanismes d'échange mis en place par le protocole de Kyoto, offre des crédits d'émission certifiés en échange de projets d'investissements dans le développement durable visant à réduire les émissions dans les pays en développement.

L'infrastructure MDP inclut un processus pour l'approbation des méthodologies et un système d'accréditation des organismes qui fournissent des services pour la validation et la vérification des activités conduites dans le cadre de projets MDP.

«Ces normes ont, je crois, servi d'exemple ou de référence pour le développement de parties de normes ISO plus génériques et seront largement utilisés dans d'autres mécanismes afin d'aider les organismes et les entreprises à concevoir et à développer des inventaires d'émissions de gaz à effet de serre et des projets liés au carbone», indique M. Kinley dans l'article, en ajoutant «je voudrais également mentionner que le développement du système d'accréditation MDP, adopté il y a plusieurs années, s'est inspiré à l'époque des normes ISO et des pratiques d'évaluation correspondantes.»

Les préoccupations environnementales deviennent des composantes essentielles d'une saine gestion d'entreprise et sont, pour les gouvernements, des questions fondamentales d'ordre sociétal et économique, souligne M. Kinley: «les normes ISO fournissent des outils permettant aux entreprises et aux gouvernements d'évaluer et d'améliorer leur performance environnementale en se fondant sur des critères recevables.»