2   Mesurages

2.1 (2.1)
mesurage, m
mesure, f
processus consistant à obtenir expérimentalement une ou plusieurs valeurs que l'on peut raisonnablement attribuer à une grandeur

NOTE 1   Les mesurages ne s'appliquent pas aux propriétés qualitatives.

NOTE 2   Un mesurage implique la comparaison de grandeurs et comprend le comptage d'entités.

NOTE 3   Un mesurage suppose une description de la grandeur compatible avec l'usage prévu d'un résultat de mesure, une procédure de mesure, et un système de mesure étalonné fonctionnant selon une procédure de mesure spécifiée, incluant les conditions de mesure.

2.2 (2.2)
métrologie, f
science des mesurages et ses applications

NOTE   La métrologie comprend tous les aspects théoriques et pratiques des mesurages, quels que soient l'incertitude de mesure et le domaine d'application.

2.3 (2.6)
mesurande, m
grandeur que l'on veut mesurer

NOTE 1   La spécification d'un mesurande nécessite la connaissance de la nature de grandeur, et la description de l'état du phénomène, du corps ou de la substance dont la grandeur est une propriété, incluant tout constituant pertinent, et les entités chimiques en jeu.

NOTE 2   Dans la deuxième édition du VIM et dans la CEI 60050‑300:2001, le mesurande est défini comme la «grandeur soumise à mesurage».

NOTE 3   Il se peut que le mesurage, incluant le système de mesure et les conditions sous lesquelles le mesurage est effectué, modifie le phénomène, le corps ou la substance de sorte que la grandeur mesurée peut différer du mesurande. Dans ce cas, une correction appropriée est nécessaire.

EXEMPLE 1   La différence de potentiel entre les bornes d'une batterie peut diminuer lorsqu'on la mesure en employant un voltmètre ayant une conductance interne importante. La différence de potentiel en circuit ouvert peut alors être calculée à partir des résistances internes de la batterie et du voltmètre.

EXEMPLE 2   La longueur d'une tige en équilibre avec la température ambiante de 23 °C sera différente de la longueur à la température spécifiée de 20 °C, qui est le mesurande. Dans ce cas, une correction est nécessaire.

NOTE 4   En chimie, l'expression «substance à analyser» ou le nom d'une substance ou d'un composé sont quelquefois utilisés à la place de «mesurande». Cet usage est erroné puisque ces termes ne désignent pas des grandeurs.

2.4 (2.3)
principe de mesure, m
phénomène servant de base à un mesurage

EXEMPLE 1   Effet thermoélectrique appliqué au mesurage de la température.

EXEMPLE 2   Absorption d'énergie appliquée au mesurage de la concentration en quantité de matière.

EXEMPLE 3   Diminution de la concentration de glucose dans le sang d'un lapin à jeun, appliquée au mesurage de la concentration d'insuline dans une préparation.

NOTE   Le phénomène peut être de nature physique, chimique ou biologique.

2.5 (2.4)
méthode de mesure, f
description générique de l'organisation logique des opérations mises en œuvre dans un mesurage

NOTE   Les méthodes de mesure peuvent être qualifiées de diverses façons telles que:

ou

Voir la CEI 60050‑300:2001.

2.6 (2.5)
procédure de mesure, f
procédure opératoire, f
description détaillée d'un mesurage conformément à un ou plusieurs principes de mesure et à une méthode de mesure donnée, fondée sur un modèle de mesure et incluant tout calcul destiné à obtenir un résultat de mesure

NOTE 1    Une procédure de mesure est habituellement documentée avec assez de détails pour permettre à un opérateur d'effectuer un mesurage.

NOTE 2   Une procédure de mesure peut inclure une assertion concernant une incertitude cible.

NOTE 3   Une procédure de mesure est quelquefois appelée en anglais standard operating procedure, abrégé en SOP. Le terme «mode opératoire de mesure» était employé en français dans la deuxième édition du VIM.

2.7
procédure de mesure de référence, f
procédure opératoire de référence, f
procédure de mesure considérée comme fournissant des résultats de mesure adaptés à leur usage prévu pour l'évaluation de la justesse de valeurs mesurées obtenues à partir d'autres procédures de mesure pour des grandeurs de la même nature, pour un étalonnage, ou pour la caractérisation de matériaux de référence
2.8
procédure de mesure primaire, f
procédure opératoire primaire, f
procédure de mesure de référence utilisée pour obtenir un résultat de mesure sans relation avec un étalon d'une grandeur de même nature

EXEMPLE   Le volume d'eau délivré par une pipette de 5 ml à 20 °C est mesuré en pesant l'eau délivrée par la pipette dans un bécher, en prenant la différence entre la masse du bécher contenant l'eau et la masse du bécher initialement vide, puis en corrigeant la différence de masse pour la température réelle de l'eau par l'intermédiaire de la masse volumique.

NOTE 1   Le Comité consultatif pour la quantité de matière — Métrologie en chimie (CCQM) utilise pour ce concept le terme «méthode de mesure primaire».

NOTE 2   Le CCQM a donné (5e réunion, 1999)[43] les définitions de deux concepts subordonnés, que l'on pourrait dénommer «procédure de mesure primaire directe» et «procédure primaire de mesure de rapports».

2.9 (3.1)
résultat de mesure, m
résultat d'un mesurage, m
ensemble de valeurs attribuées à un mesurande complété par toute autre information pertinente disponible

NOTE 1   Un résultat de mesure contient généralement des informations pertinentes sur l'ensemble de valeurs, certaines pouvant être plus représentatives du mesurande que d'autres. Cela peut s'exprimer sous la forme d'une fonction de densité de probabilité.

NOTE 2   Le résultat de mesure est généralement exprimé par une valeur mesurée unique et une incertitude de mesure. Si l'on considère l'incertitude de mesure comme négligeable dans un certain but, le résultat de mesure peut être exprimé par une seule valeur mesurée. Dans de nombreux domaines, c'est la manière la plus usuelle d'exprimer un résultat de mesure.

NOTE 3   Dans la littérature traditionnelle et dans l'édition précédente du VIM, le résultat de mesure était défini comme une valeur attribuée à un mesurande et pouvait se référer à une indication, un résultat brut ou un résultat corrigé, selon le contexte.

2.10
valeur mesurée, f
valeur d'une grandeur représentant un résultat de mesure

NOTE 1   Pour un mesurage impliquant des indications répétées, chacune peut être utilisée pour fournir une valeur mesurée correspondante. Cet ensemble de valeurs mesurées individuelles peut ensuite être utilisé pour calculer une valeur mesurée résultante, telle qu'une moyenne ou une médiane, en général avec une incertitude de mesure associée qui décroît.

NOTE 2    Lorsque l'étendue des valeurs vraies considérées comme représentant le mesurande est petite par rapport à l'incertitude de mesure, on peut considérer une valeur mesurée comme une estimation d'une valeur vraie par essence unique, souvent sous la forme d'une moyenne ou d'une médiane de valeurs mesurées individuelles obtenues par des mesurages répétés.

NOTE 3   Lorsque l'étendue des valeurs vraies considérées comme représentant le mesurande n'est pas petite par rapport à l'incertitude de mesure, une valeur mesurée est souvent une estimation d'une moyenne ou d'une médiane de l'ensemble des valeurs vraies.

NOTE 4   Dans le GUM, les termes «résultat de mesure» et «estimation de la valeur du mesurande», ou simplement «estimation du mesurande», sont utilisés au sens de «valeur mesurée».

2.11 (2.19)
valeur vraie, f
valeur vraie d'une grandeur, f
valeur d'une grandeur compatible avec la définition de la grandeur

NOTE 1   Dans l'approche «erreur» de description des mesurages, la valeur vraie est considérée comme unique et, en pratique, impossible à connaître. L'approche «incertitude» consiste à reconnaître que, par suite de la quantité intrinsèquement incomplète de détails dans la définition d'une grandeur, il n'y a pas une seule valeur vraie mais plutôt un ensemble de valeurs vraies compatibles avec la définition. Toutefois, cet ensemble de valeurs est, en principe et en pratique, impossible à connaître. D'autres approches évitent complètement le concept de valeur vraie et évaluent la validité des résultats de mesure à l'aide du concept de compatibilité de mesure.

NOTE 2   Dans le cas particulier des constantes fondamentales, on considère la grandeur comme ayant une seule valeur vraie.

NOTE 3   Lorsque l'incertitude définitionnelle associée au mesurande est considérée comme négligeable par rapport aux autres composantes de l'incertitude de mesure, on peut considérer que le mesurande a une valeur vraie par essence unique. C'est l'approche adoptée dans le GUM, où le mot «vraie» est considéré comme redondant.

2.12
valeur conventionnelle, m
valeur conventionnelle d'une grandeur, m
valeur attribuée à une grandeur par un accord pour un usage donné

EXEMPLE 1   Valeur conventionnelle de l'accélération due à la pesanteur ou accélération normale de la pesanteur, gn = 9,806 65 m·s2.

EXEMPLE 2   Valeur conventionnelle de la constante de Josephson, KJ‑90 = 483 597,9 GHz · V1.

EXEMPLE 3   Valeur conventionnelle d'un étalon de masse donné, m = 100,003 47 g.

NOTE 1   Le terme «valeur conventionnellement vraie» est quelquefois utilisé pour ce concept, mais son utilisation est déconseillée.

NOTE 2   Une valeur conventionnelle est quelquefois une estimation d'une valeur vraie.

NOTE 3   Une valeur conventionnelle est généralement considérée comme associée à une incertitude de mesure, convenablement petite, qui peut être nulle.

2.13 (3.5)
exactitude de mesure, f
exactitude, f
étroitesse de l'accord entre une valeur mesurée et une valeur vraie d'un mesurande

NOTE 1   L'exactitude de mesure n'est pas une grandeur et ne s'exprime pas numériquement. Un mesurage est quelquefois dit plus exact s'il fournit une plus petite incertitude de mesure.

NOTE 2   Il convient de ne pas utiliser le terme «exactitude de mesure» pour la justesse de mesure et le terme «fidélité de mesure» pour l'exactitude de mesure. Celle-ci est toutefois liée aux concepts de justesse et de fidélité.

NOTE 3   L'exactitude de mesure est quelquefois interprétée comme l'étroitesse de l'accord entre les valeurs mesurées qui sont attribuées au mesurande.

2.14
justesse de mesure, f
justesse, f
étroitesse de l'accord entre la moyenne d'un nombre infini de valeurs mesurées répétées et une valeur de référence

NOTE 1   La justesse de mesure n'est pas une grandeur et ne peut donc pas s'exprimer numériquement, mais l'ISO 5725 donne des caractéristiques pour l'étroitesse de l'accord.

NOTE 2   La justesse de mesure varie en sens inverse de l'erreur systématique, mais n'est pas liée à l'erreur aléatoire.

NOTE 3   Il convient de ne pas utiliser le terme «exactitude de mesure» pour la justesse de mesure et vice versa.

2.15
fidélité de mesure, f
fidélité, f
étroitesse de l'accord entre les indications ou les valeurs mesurées obtenues par des mesurages répétés du même objet ou d'objets similaires dans des conditions spécifiées

NOTE 1   La fidélité est en général exprimée numériquement par des caractéristiques telles que l'écart-type, la variance ou le coefficient de variation dans les conditions spécifiées.

NOTE 2   Les conditions spécifiées peuvent être, par exemple, des conditions de répétabilité, des conditions de fidélité intermédiaire, ou des conditions de reproductibilité (voir l'ISO 5725‑3:1994).

NOTE 3   La fidélité sert à définir la répétabilité de mesure, la fidélité intermédiaire de mesure et la reproductibilité de mesure.

NOTE 4   Le terme «fidélité de mesure» est quelquefois utilisé improprement pour désigner l'exactitude de mesure.

2.16 (3.10)
erreur de mesure, f
erreur, f
différence entre la valeur mesurée d'une grandeur et une valeur de référence

NOTE 1   Le concept d'erreur peut être utilisé

  1. lorsqu'il existe une valeur de référence unique à laquelle se rapporter, ce qui a lieu si on effectue un étalonnage au moyen d'un étalon dont la valeur mesurée a une incertitude de mesure négligeable ou si on prend une valeur conventionnelle, l'erreur étant alors connue,
  2. si on suppose le mesurande représenté par une valeur vraie unique ou un ensemble de valeurs vraies d'étendue négligeable, l'erreur étant alors inconnue.

NOTE 2   Il convient de ne pas confondre l'erreur de mesure avec une erreur de production ou une erreur humaine.

2.17 (3.14)
erreur systématique, f
composante de l'erreur de mesure qui, dans des mesurages répétés, demeure constante ou varie de façon prévisible

NOTE 1   La valeur de référence pour une erreur systématique est une valeur vraie, une valeur mesurée d'un étalon dont l'incertitude de mesure est négligeable, ou une valeur conventionnelle.

NOTE 2   L'erreur systématique et ses causes peuvent être connues ou inconnues. On peut appliquer une correction pour compenser une erreur systématique connue.

NOTE 3   L'erreur systématique est égale à la différence entre l'erreur de mesure et l'erreur aléatoire.

2.18
biais de mesure, m
biais, m
erreur de justesse, f
estimation d'une erreur systématique
2.19 (3.13)
erreur aléatoire, f
composante de l'erreur de mesure qui, dans des mesurages répétés, varie de façon imprévisible

NOTE 1   La valeur de référence pour une erreur aléatoire est la moyenne qui résulterait d'un nombre infini de mesurages répétés du même mesurande.

NOTE 2   Les erreurs aléatoires d'un ensemble de mesurages répétés forment une distribution qui peut être résumée par son espérance mathématique, généralement supposée nulle, et par sa variance.

NOTE 3   L'erreur aléatoire est égale à la différence entre l'erreur de mesure et l'erreur systématique.

2.20 (3.6, Notes 1 et 2)
condition de répétabilité, f
condition de mesurage, dans un ensemble de conditions qui comprennent la même procédure de mesure, les mêmes opérateurs, le même système de mesure, les mêmes conditions de fonctionnement et le même lieu, ainsi que des mesurages répétés sur le même objet ou des objets similaires pendant une courte période de temps

NOTE 1   Une condition de mesurage n'est une condition de répétabilité que par rapport à un ensemble donné de conditions de répétabilité.

NOTE 2   En chimie, on utilise quelquefois le terme «condition de fidélité intra-série» pour désigner ce concept.

2.21 (3.6)
répétabilité de mesure, f
répétabilité, f
fidélité de mesure selon un ensemble de conditions de répétabilité
2.22
condition de fidélité intermédiaire, f
condition de mesurage, dans un ensemble de conditions qui comprennent la même procédure de mesure, le même lieu et des mesurages répétés sur le même objet ou des objets similaires pendant une période de temps étendue, mais peuvent comprendre d'autres conditions que l'on fait varier

NOTE 1   Les conditions que l'on fait varier peuvent comprendre de nouveaux étalonnages, étalons, opérateurs et systèmes de mesure.

NOTE 2   Il convient qu'une spécification relative aux conditions contienne, dans la mesure du possible, les conditions que l'on fait varier et celles qui restent inchangées.

NOTE 3   En chimie, on utilise quelquefois le terme «condition de fidélité inter-série» pour désigner ce concept.

2.23
fidélité intermédiaire de mesure, f
fidélité intermédiaire, f
fidélité de mesure selon un ensemble de conditions de fidélité intermédiaire

NOTE   Des termes statistiques pertinents sont donnés dans l'ISO 5725‑3:1994.

2.24 (3.7, Note 2)
condition de reproductibilité, f
condition de mesurage, dans un ensemble de conditions qui comprennent des lieux, des opérateurs et des systèmes de mesure différents, ainsi que des mesurages répétés sur le même objet ou des objets similaires

NOTE 1   Les différents systèmes de mesure peuvent utiliser des procédures de mesure différentes.

NOTE 2   Il convient qu'une spécification relative aux conditions contienne, dans la mesure du possible, les conditions que l'on fait varier et celles qui restent inchangées.

2.25 (3.7)
reproductibilité de mesure, f
reproductibilité, f
fidélité de mesure selon un ensemble de conditions de reproductibilité

NOTE   Des termes statistiques pertinents sont donnés dans l'ISO 5725‑1:1994 et l'ISO 5725‑2:1994.

2.26 (3.9)
incertitude de mesure, f
incertitude, f
paramètre non négatif qui caractérise la dispersion des valeurs attribuées à un mesurande, à partir des informations utilisées

NOTE 1   L'incertitude de mesure comprend des composantes provenant d'effets systématiques, telles que les composantes associées aux corrections et aux valeurs assignées des étalons, ainsi que l'incertitude définitionnelle. Parfois, on ne corrige pas des effets systématiques estimés, mais on insère plutôt des composantes associées de l'incertitude.

NOTE 2   Le paramètre peut être, par exemple, un écart-type appelé incertitude-type (ou un de ses multiples) ou la demi-étendue d'un intervalle ayant une probabilité de couverture déterminée.

NOTE 3   L'incertitude de mesure comprend en général de nombreuses composantes. Certaines peuvent être évaluées par une évaluation de type A de l'incertitude à partir de la distribution statistique des valeurs provenant de séries de mesurages et peuvent être caractérisées par des écarts-types. Les autres composantes, qui peuvent être évaluées par une évaluation de type B de l'incertitude, peuvent aussi être caractérisées par des écarts-types, évalués à partir de fonctions de densité de probabilité fondées sur l'expérience ou d'autres informations.

NOTE 4   En général, pour des informations données, on sous-entend que l'incertitude de mesure est associée à une valeur déterminée attribuée au mesurande. Une modification de cette valeur entraîne une modification de l'incertitude associée.

2.27
incertitude définitionnelle, f
composante de l'incertitude de mesure qui résulte de la quantité finie de détails dans la définition d'un mesurande

NOTE 1   L'incertitude définitionnelle est l'incertitude minimale que l'on peut obtenir en pratique par tout mesurage d'un mesurande donné.

NOTE 2   Toute modification des détails descriptifs conduit à une autre incertitude définitionnelle.

NOTE 3   Dans le GUM:1995, D.3.4, et dans la CEI 60359, le concept d'incertitude définitionnelle est appelé «incertitude intrinsèque».

2.28
évaluation de type A de l'incertitude, f
évaluation de type A, f
évaluation d'une composante de l'incertitude de mesure par une analyse statistique des valeurs mesurées obtenues dans des conditions définies de mesurage

NOTE 1   Pour divers types de conditions de mesurage, voir condition de répétabilité, condition de fidélité intermédiaire et condition de reproductibilité.

NOTE 2   Voir par exemple le GUM:1995 pour des informations sur l'analyse statistique.

NOTE 3   Voir aussi le GUM:1995, 2.3.2, l'ISO 5725, l'ISO 13528, l'ISO/TS 21748 et l'ISO 21749.

2.29
évaluation de type B de l'incertitude, f
évaluation de type B, f
évaluation d'une composante de l'incertitude de mesure par d'autres moyens qu'une évaluation de type A de l'incertitude

EXEMPLES   Évaluation fondée sur des informations

NOTE    Voir aussi le GUM:1995, 2.3.3.

2.30
incertitude‑type, f
incertitude de mesure exprimée sous la forme d'un écart-type
2.31
incertitude‑type composée, f
incertitude-type obtenue en utilisant les incertitudes-types individuelles associées aux grandeurs d'entrée dans un modèle de mesure

NOTE   Lorsqu'il existe des corrélations entre les grandeurs d'entrée dans un modèle de mesure, il faut aussi prendre en compte des covariances dans le calcul de l'incertitude-type composée; voir aussi le GUM:1995, 2.3.4.

2.32
incertitude‑type relative, f
quotient de l'incertitude-type par la valeur absolue de la valeur mesurée
2.33
bilan d'incertitude, m
formulation d'une incertitude de mesure et des composantes de cette incertitude, ainsi que de leur calcul et de leur combinaison

NOTE   Un bilan d'incertitude devrait comprendre le modèle de mesure, les estimations et incertitudes associées aux grandeurs qui interviennent dans ce modèle, les covariances, le type des fonctions de densité de probabilité utilisées, les degrés de liberté, le type d'évaluation de l'incertitude, ainsi que tout facteur d'élargissement.

2.34
incertitude cible, f
incertitude anticipée, f
incertitude de mesure spécifiée comme une limite supérieure et choisie d'après les usages prévus des résultats de mesure
2.35
incertitude élargie, f
produit d'une incertitude-type composée et d'un facteur supérieur au nombre un

NOTE 1   Le facteur dépend du type de la loi de probabilité de la grandeur de sortie dans un modèle de mesure et de la probabilité de couverture choisie.

NOTE 2   Le facteur qui intervient dans la définition est un facteur d'élargissement.

NOTE 3   L'incertitude élargie est appelée «incertitude globale» au paragraphe 5 de la Recommandation INC‑1 (1980) (voir le GUM) et simplement «incertitude» dans les documents de la CEI.

2.36
intervalle élargi, m
intervalle contenant l'ensemble des valeurs vraies d'un mesurande avec une probabilité déterminée, fondés sur l'information disponible

NOTE 1   Un intervalle élargi n'est pas nécessairement centré sur la valeur mesurée choisie (voir le JCGM 101:2008).

NOTE 2   Il convient de ne pas appeler «intervalle de confiance» un intervalle élargi pour éviter des confusions avec le concept statistique (voir le GUM:1995, 6.2.2).

NOTE 3   Un intervalle élargi peut se déduire d'une incertitude élargie (voir le GUM:1995, 2.3.5).

2.37
probabilité de couverture, f
probabilité que l'ensemble des valeurs vraies d'un mesurande soit contenu dans un intervalle élargi spécifié

NOTE 1   La définition se réfère à l'approche «incertitude» présentée dans le GUM.

NOTE 2    Il convient de ne pas confondre ce concept avec le concept statistique de niveau de confiance, bien que le terme «level of confidence» soit utilisé en anglais dans le GUM.

2.38
facteur d'élargissement, m
nombre supérieur à un par lequel on multiplie une incertitude-type composée pour obtenir une incertitude élargie

NOTE   Un facteur d'élargissement est habituellement noté par le symbole k (voir aussi le GUM:1995, 2.3.6).

2.39 (6.11)
étalonnage, m
opération qui, dans des conditions spécifiées, établit en une première étape une relation entre les valeurs et les incertitudes de mesure associées qui sont fournies par des étalons et les indications correspondantes avec les incertitudes associées, puis utilise en une seconde étape cette information pour établir une relation permettant d'obtenir un résultat de mesure à partir d'une indication

NOTE 1   Un étalonnage peut être exprimé sous la forme d'un énoncé, d'une fonction d'étalonnage, d'un diagramme d'étalonnage, d'une courbe d'étalonnage ou d'une table d'étalonnage. Dans certains cas, il peut consister en une correction additive ou multiplicative de l'indication avec une incertitude de mesure associée.

NOTE 2   Il convient de ne pas confondre l'étalonnage, avec l'ajustage d'un système de mesure, souvent appelé improprement «auto-étalonnage», ni avec la vérification de l'étalonnage.

NOTE 3   La seule première étape dans la définition est souvent perçue comme étant l'étalonnage.

2.40
hiérarchie d'étalonnage, f
suite d'étalonnages depuis une référence jusqu'au système de mesure final, dans laquelle le résultat de chaque étalonnage dépend de celui de l'étalonnage précédent

NOTE 1   L'incertitude de mesure augmente nécessairement le long de la suite d'étalonnages.

NOTE 2   Les éléments d'une hiérarchie d'étalonnage sont des étalons ainsi que des systèmes de mesure utilisés conformément à des procédures de mesure.

NOTE 3   La référence mentionnée dans la définition peut être une définition d'une unité de mesure sous la forme de sa réalisation pratique, une procédure de mesure ou un étalon.

NOTE 4   Une comparaison entre deux étalons peut être considérée comme un étalonnage si elle sert à vérifier et, si nécessaire, à corriger la valeur et l'incertitude attribuées à l'un des étalons.

2.41 (6.10)
traçabilité métrologique, f
propriété d'un résultat de mesure selon laquelle ce résultat peut être relié à une référence par l'intermédiaire d'une chaîne ininterrompue et documentée d'étalonnages dont chacun contribue à l'incertitude de mesure

NOTE 1   La référence mentionnée dans la définition peut être une définition d'une unité de mesure sous la forme de sa réalisation pratique, une procédure de mesure, qui indique l'unité de mesure dans la cas d'une grandeur autre qu'une grandeur ordinale, ou un étalon.

NOTE 2   La traçabilité métrologique nécessite l'existence d'une hiérarchie d'étalonnage.

NOTE 3   La spécification de la référence doit comprendre la date où cette référence a été utilisée dans l'établissement d'une hiérarchie d'étalonnage, ainsi que d'autres informations métrologiques pertinentes concernant la référence, telles que la date où a été effectué le premier étalonnage de la hiérarchie.

NOTE 4   Pour des mesurages comportant plus d'une seule grandeur d'entrée dans le modèle de mesure, chaque valeur d'entrée devrait être elle-même métrologiquement traçable et la hiérarchie d'étalonnage peut prendre la forme d'une structure ramifiée ou d'un réseau. Il convient que l'effort consacré à établir la traçabilité métrologique de chaque valeur d'entrée soit proportionné à sa contribution relative au résultat de mesure.

NOTE 5   La traçabilité métrologique d'un résultat de mesure n'assure pas l'adéquation de l'incertitude de mesure à un but donné ou l'absence d'erreurs humaines.

NOTE 6   Une comparaison entre deux étalons peut être considérée comme un étalonnage si elle sert à vérifier et, si nécessaire, à corriger la valeur et l'incertitude attribuées à l'un des étalons.

NOTE 7   L'ILAC considère que les éléments nécessaires pour confirmer la traçabilité métrologique sont une chaîne de traçabilité métrologique ininterrompue à un étalon international ou un étalon national, une incertitude de mesure documentée, une procédure de mesure documentée, une compétence technique reconnue, la traçabilité métrologique au SI et des intervalles entre étalonnages (voir ILAC P‑10:2002).

NOTE 8   Le terme abrégé «traçabilité» est quelquefois employé pour désigner la traçabilité métrologique, ainsi que d'autres concepts tels que la traçabilité d'un spécimen, d'un document, d'un instrument ou d'un matériau, où intervient l'historique (la trace) d'une entité. Il est donc préférable d'utiliser le terme complet «traçabilité métrologique» s'il y a risque de confusion.

2.42
chaîne de traçabilité métrologique, f
chaîne de traçabilité, f
succession d'étalons et d'étalonnages qui est utilisée pour relier un résultat de mesure à une référence

NOTE 1   Une chaîne de traçabilité métrologique est définie par l'intermédiaire d'une hiérarchie d'étalonnage.

NOTE 2   La chaîne de traçabilité métrologique est utilisée pour établir la traçabilité métrologique du résultat de mesure.

NOTE 3   Une comparaison entre deux étalons peut être considérée comme un étalonnage si elle sert à vérifier et, si nécessaire, à corriger la valeur et l'incertitude de mesure attribuées à l'un des étalons.

2.43
traçabilité métrologique à une unité de mesure, f
traçabilité métrologique à une unité, f
traçabilité métrologique où la référence est la définition d'une unité de mesure sous la forme de sa réalisation pratique

NOTE   L'expression «traçabilité au SI» signifie la traçabilité métrologique à une unité de mesure du Système international d'unités.

2.44
vérification, f
fourniture de preuves tangibles qu'une entité donnée satisfait à des exigences spécifiées

EXEMPLE 1   Confirmation qu'un matériau de référence donné est bien, comme déclaré, homogène pour la valeur et la procédure de mesure concernées jusqu'à des prises de mesure de masse de 10 mg.

EXEMPLE 2   Confirmation que des propriétés relatives aux performances ou des exigences légales sont satisfaites par un système de mesure.

EXEMPLE 3   Confirmation qu'une incertitude cible peut être atteinte.

NOTE 1   S'il y a lieu, il convient de prendre en compte l'incertitude de mesure.

NOTE 2   L'entité peut être, par exemple, un processus, une procédure de mesure, un matériau, un composé ou un système de mesure.

NOTE 3   Les exigences spécifiées peuvent être, par exemple, les spécifications d'un fabricant.

NOTE 4   La vérification en métrologie légale, comme définie dans le VIML[53], et plus généralement en évaluation de la conformité, comporte l'examen et le marquage et/ou la délivrance d'un certificat de vérification pour un système de mesure.

NOTE 5   Il convient de ne pas confondre la vérification avec l'étalonnage. Toute vérification n'est pas une validation.

NOTE 6   En chimie, la vérification de l'identité d'une entité, ou celle d'une activité, nécessite une description de la structure ou des propriétés de cette entité ou activité.

2.45
validation, f
vérification, où les exigences spécifiées sont adéquates pour un usage déterminé

EXEMPLE   Une procédure de mesure, habituellement utilisée pour le mesurage de la concentration en masse d'azote dans l'eau, peut aussi être validée pour le mesurage dans le sérum humain.

2.46
comparabilité métrologique, f
comparabilité de résultats de mesure, pour des grandeurs d'une nature donnée, qui sont métrologiquement traçables à une même référence

EXEMPLE   Des résultats de mesure pour les distances entre la Terre et la Lune et entre Paris et Londres sont métrologiquement comparables s'ils sont métrologiquement traçables à la même unité de mesure, par exemple le mètre.

NOTE 1   Voir la Note 1 de 2.41, traçabilité métrologique.

NOTE 2   La comparabilité métrologique ne nécessite pas que les valeurs mesurées et les incertitudes de mesure associées soient du même ordre de grandeur.

2.47
compatibilité de mesure, f
compatibilité métrologique, f
propriété d'un ensemble de résultats de mesure correspondant à un mesurande spécifié, telle que la valeur absolue de la différence des valeurs mesurées pour toute paire de résultats de mesure est plus petite qu'un certain multiple choisi de l'incertitude‑type de cette différence

NOTE 1   La compatibilité de mesure remplace le concept traditionnel «rester dans l'erreur», puisqu'elle exprime selon quel critère décider si deux résultats de mesure se rapportent ou non au même mesurande. Si, dans un ensemble de mesurages d'un mesurande que l'on pense être constant, un résultat de mesure n'est pas compatible avec les autres, soit le mesurage n'est pas correct (par exemple l'incertitude de mesure évaluée est trop petite), soit la grandeur mesurée a changé d'un mesurage à l'autre.

NOTE 2   La corrélation entre les mesurages influence la compatibilité de mesure. Si les mesurages sont entièrement décorrélés, l'incertitude-type de leur différence est égale à la moyenne quadratique de leurs incertitudes-types (racine carrée de la somme des carrés), tandis qu'elle est plus petite pour une covariance positive ou plus grande pour une covariance négative.

2.48
modèle de mesure, m
modèle, m
relation mathématique entre toutes les grandeurs qui interviennent dans un mesurage

NOTE 1   Une forme générale d'un modèle de mesure est l'équation h(YX1, …, Xn) = 0, où Y, la grandeur de sortie dans le modèle de mesure, est le mesurande, dont la valeur doit être déduite de l'information sur les grandeurs d'entrée dans le modèle de mesure X1, …, Xn.

NOTE 2   Dans les cas plus complexes où il y a deux grandeurs de sortie ou plus, le modèle de mesure comprend plus d'une seule équation.

2.49
fonction de mesure, f
fonction de grandeurs, dont la valeur, lorsqu'elle est calculée en utilisant des valeurs connues pour les grandeurs d'entrée dans le modèle de mesure, est une valeur mesurée de la grandeur de sortie dans le modèle de mesure

NOTE 1   Si un modèle de mesure h(YX1, …, Xn) = 0 peut être écrit explicitement sous la forme Y = f(X1, …, Xn), où Y est la grandeur de sortie dans le modèle de mesure, la fonction f est la fonction de mesure. Plus généralement, f peut symboliser un algorithme qui fournit, pour les valeurs d'entrée x1, …, xn, une valeur de sortie unique correspondante y = f(x1, …, xn).

NOTE 2   On utilise aussi une fonction de mesure pour calculer l'incertitude de mesure associée à la valeur mesurée de Y.

2.50
grandeur d'entrée dans un modèle de mesure, f
grandeur d'entrée, f
grandeur qui doit être mesurée, ou grandeur dont la valeur peut être obtenue autrement, pour calculer une valeur mesurée d'un mesurande

EXEMPLE   Lorsque le mesurande est la longueur d'une tige d'acier à une température spécifiée, la température réelle, la longueur à la température réelle et le coefficient de dilatation thermique linéique de la tige sont des grandeurs d'entrée dans un modèle de mesure.

NOTE 1   Une grandeur d'entrée dans un modèle de mesure est souvent une grandeur de sortie d'un système de mesure.

NOTE 2   Les indications, les corrections et les grandeurs d'influence sont des grandeurs d'entrée dans un modèle de mesure.

2.51
grandeur de sortie dans un modèle de mesure, f
grandeur de sortie, f
grandeur dont la valeur mesurée est calculée en utilisant les valeurs des grandeurs d'entrée dans un modèle de mesure
2.52 (2.7)
grandeur d'influence, f
grandeur qui, lors d'un mesurage direct, n'a pas d'effet sur la grandeur effectivement mesurée, mais a un effet sur la relation entre l'indication et le résultat de mesure

EXEMPLE 1   Fréquence lors du mesurage direct de l'amplitude constante d'un courant alternatif au moyen d'un ampèremètre.

EXEMPLE 2   Concentration en quantité de matière de bilirubine lors du mesurage direct de la concentration en quantité de matière d'hémoglobine dans le plasma sanguin humain.

EXEMPLE 3   Température d'un micromètre lors du mesurage de la longueur d'une tige, mais pas la température de la tige elle-même qui peut entrer dans la définition du mesurande.

EXEMPLE 4   Pression ambiante dans la source d'ions d'un spectromètre de masse lors du mesurage d'une fraction molaire.

NOTE 1   Un mesurage indirect implique une combinaison de mesurages directs, sur chacun desquels des grandeurs d'influence peuvent avoir un effet.

NOTE 2    Dans le GUM, le concept «grandeur d'influence» est défini comme dans la deuxième édition du VIM, de façon à comprendre non seulement les grandeurs qui ont un effet sur le système de mesure, comme dans la définition ci-dessus, mais aussi celles qui ont un effet sur les grandeurs effectivement mesurées. En outre, le concept n'y est pas limité aux mesurages directs.

2.53 (3.15) (3.16)
correction, f
compensation d'un effet systématique connu

NOTE 1   Voir le GUM:1995, 3.2.3, pour une explication du concept d'effet systématique.

NOTE 2   La modification peut prendre différentes formes, telles que l'addition d'une valeur ou la multiplication par un facteur, ou peut se déduire d'une table.