© WEF, Photo: Monika Flueckiger

Les Normes internationales ISO constituent des outils concrets pour aider à affronter les défis abordés lors de la 40ème Réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) qui s’est tenue du 27 au 31Janvier 2010 à Davos, en Suisse, sur le thème: «Repenser, remodeler, reconstruire».

Telle est la conclusion du Secrétaire général Rob Steele, qui a participé au Forum et a profité de cette occasion pour y rencontrer un certain nombre de dirigeants d’entreprises et de responsables politiques parmi les 2 500 participants.

Cette année, plus de 200 réunions de travail se sont tenues à l’occasion du WEF pour discuter et élaborer des solutions en réponse à la débâcle financière de 2008 et à la crise économique de 2009. Les débats s’articulaient autour de six axes principaux:

  • Comment renforcer la prospérité économique et le bien-être social?
  • Comment améliorer la sécurité financière?
  • Comment créer des institutions efficaces?
  • Comment garantir le développement durable?
  • Comment atténuer les risques mondiaux et faire face aux échecs systémiques?

«S’il y a une citation qui résume ce qui doit être fait, déclare Rob Steele, c’est peut-être celle du Président français Nicolas Sarkozy, qui a déclaré dans son discours: “Il nous restera à faire émerger un nouveau modèle de croissance... Il nous faut inventer l’État, l’entreprise et la ville du XXIème siècle.”»

Pour Rob Steele, «les Normes internationales ont ici un rôle central à jouer. Elles offrent une base d’entente et une description claire de comment réaliser ce que l’on recherche. L’ISO propose des normes qui aident les entreprises à gagner en efficience et en efficacité, non seulement du point de vue économique, mais aussi du point de vue environnemental et sociétal. Il apparaissait clairement dans les discussions que des questions comme la responsabilité sociétale ne sont pas seulement importantes, elles font partie intégrante de la solution aux problématiques qui ont été indiquées ci-dessus.

Quand je signalais aux personnes que j’ai rencontrées au cours de cette semaine que l’ISO travaillait à l’élaboration d’une norme relative à la responsabilité sociétale, tous avaient la même réaction: ils faisaient preuve d’un réel intérêt et étaient enthousiastes à cette idée. L’avis qui revenait le plus souvent chez les dirigeants d’entreprises et les responsables politiques de diverses régions du monde était qu’une telle norme était nécessaire et avait un sens.

Il apparaissait également évident qu’investir dans la création d’emplois verts et de technologies respectueuses de l’environnement est une des stratégies-clés pour affronter la triple problématique de la réponse au changement climatique, au besoin de développement durable et à la nécessité de stimuler la croissance économique. L’ISO détient déjà un important portefeuille de normes sur ces thèmes et d’autres encore sont en préparation, en particulier dans le domaine de l’efficience énergétique, qui propose des solutions immédiates pour la réduction de la consommation énergétique et, de fait, des émissions de CO2.

Je me suis également entretenu avec les Young Global Leaders, un groupe rassemblant des jeunes dirigeants internationaux qui a été constitué par le WEF pour que les jeunes générations soient représentées au Forum. L’ISO devrait participer à un certain nombre d’initiatives qu’ils prennent avec l’implication active et le soutien des entreprises.»

Rob Steele a déclaré: «L’année 2010 étant l’Année internationale de la jeunesse, elle pourrait servir de catalyseur pour demander aux jeunes dirigeants ce qu’il faut pour que telle ou telle génération s’investisse dans la normalisation et tester les moyens de communiquer la valeur des normes. Elle donnerait également l’occasion d’explorer de nouveaux domaines pour la normalisation.»

En faisant part de ses impressions sur le Forum de cette année, le Secrétaire général de l’ISO a noté que les retombées de la crise financière sont perçues différemment dans le monde, avec des types de reprise variables. L’acronyme anglais «LUV», qui joue sur la forme des lettres, décrit ce phénomène: les marchés européens auraient une reprise en «L» (remontée lente et difficile), les États-Unis pourrait être dans une phase de reprise en «U» (remontée en douceur) et les marchés asiatiques, dans une phase en «V» (remontée en flèche).

«Cela peut paraître banal, commente Rob Steele, mais il apparaît clairement que le monde en développement ne suit pas le monde développé. Il faut une entente mondiale sur ce qu’il convient de faire et il apparaît nécessaire d’élaborer et de mettre en oeuvre des projets clairs, transparents, qui sont basés sur le consensus.»

Il était également évident pour lui, au vue des commentaires, que la reprise économique que connaissent actuellement certaines économies est fragile et que le remboursement de la dette contractée pour financer les paquets de relance économique et faire face aux taux de chômage élevés signifie que la reprise s’étendra sur plusieurs années. Laurence H. Summers, Conseiller économique à la Maison-Blanche, a parlé d’«une reprise économique sur le plan des chiffres et d’une récession sur le plan humain.»

Rob Steele a noté le besoin sous-jacent, dans les discussions, de solutions mondiales basées sur la compréhension réciproque – comme celles qu’offrent les normes ISO – et a constaté que ce point de vue apparaissait d’autant plus fort qu’il revenait dans les discours des intervenants.

Dominique Strauss-Kahn, Directeur général du Fonds monétaire international (FMI), a appelé à la coordination pour l’efficience mondiale devant la complexité d’ampleur mondiale de la réforme du secteur financier.

Montek Ahluwalia, Président de la commission de Planification de l'Inde, a mis en avant le besoin de «normesmondiales ».

Josef Ackermann, Co-président du Forum 2010, Président du Conseil d’administration et Directeur exécutif du Groupe Deutsche Bank, a abordé la question d’un changement de modèle d’affaires et de nouvelles «normes».

Tsakhiagiin Elbegdorj, Président de la Mongolie, a mis en avant le besoin crucial d’apporter une réponse mondiale à la gestion de l’eau et a demandé à mettre en place un code universel relatif à l’eau.

Doris Leuthard, Présidente de la Confédération helvétique, a parlé du besoin de normes internationales pour combler le fossé entre les discours et la réalité, en particulier pour les produits et services écologiques. Intervenant après intervenant, tous soulignaient que les entreprises veulent comprendre et satisfaire les besoins de l’ensemble des parties prenantes, et non seulement ceux des actionnaires.