Au Congrès mondial de l'énergie organisé à Rome, en Italie (du 11 au 15 novembre 2007), qui comprenait une session spéciale sur des normes internationales, José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne (CE), a prononcé le discours d'ouverture devant un parterre de quelque 3 000 représentants des leaders de l'industrie, des organismes de réglementation, des institutions pour la conservation énergétique et des organisations internationales.

Il a déclaré : «Si l’on me demande aujourd'hui quel est l’enjeu le plus important pour la sécurité et le développement de la planète, celui dont le potentiel de solutions est le plus élevé, mais qui peut aussi entraîner de graves problèmes si nous ne prenons pas les mesures qui s’imposent, je réponds : c'est l’énergie et le changement climatique.

Aujourd'hui, l’énergie n’est pas seulement un enjeu majeur d'un point de vue strictement économique, mais aussi précisément au regard de ses implications sur l'environnement et sur le climat. La concurrence accrue qui s’exerce autour des ressources rares suscite de sérieuses inquiétudes pour la sécurité à l’échelon global.»

Le Président de la Communauté européenne a mis l’accent sur l'engagement de l'Union européenne (UE) pour un futur énergétique à faible teneur en carbone. Il a souligné l'importance du Congrès mondial de l’énergie et l'opportunité du thème retenu - «Le futur de l'énergie dans un monde interdépendant».

Le Conseil mondial de l’énergie (CME), organisateur du Congrès, avait prévu une session sur le rôle des normes internationales, en collaboration avec l’Organisation internationale de normalisation (ISO) et la Commission électrotechnique Internationale (IEC). Cette session a donné l’occasion de présenter une vue d'ensemble du rôle essentiel que les normes internationales peuvent jouer en soutenant le développement et la promotion de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables.

Les normes internationales du type de celles produites par l’ISO et la IEC ont été effectivement reconnues comme des éléments de la solution au problème actuel de l’énergie. Ces normes aident à éviter les obstacles  techniques non nécessaires au commerce pouvant résulter des politiques nationales et régionales. Elles sont aussi essentielles pour ouvrir aux technologies énergétiques efficaces des marchés mondiaux et disséminer de bonnes pratiques de gestion de l'énergie.

Elles fournissent également les paramètres communs pour la définition et la mesure des performances énergétiques. Ces paramètres permettent de cibler les décisions et les incitations en matière d'investissement de manière à encourager l'efficacité énergétique. Les normes internationales soutiennent par ailleurs la coopération scientifique et l'harmonisation des politiques publiques.

Durant cette session, une table ronde a exposé comment les normes internationales abordent déjà ces questions. De nombreux exemples où la normalisation est nécessaire ont été donnés, en indiquant  quelles devraient être les prochaines étapes et les priorités. Un message clair en est ressorti : la question énergétique est urgente, les tendances sont alarmantes, il faut agir maintenant et les normes internationales font partie de la solution. Elles peuvent contribuer à accélérer l'amélioration à court terme et à long terme de l'efficacité énergétique dans tous les secteurs et l’adoption d’énergies renouvelables.

Paul Waide, Analyste de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), a mis l’accent sur le document de synthèse commun AIE-ISO sur la question, document utilisé à titre de document d’information pour la réunion du G8 en 2007.

Numéro spécial d'ISO Focus
Congrès mondial de l'énergie 2007

Le Secrétaire général de l’ISO, Alan Bryden, et le Président de la IEC, Renzo Tani, ont décrit les activités que leurs organisations déploient afin de favoriser le futur de l'énergie durable dans un monde interdépendant. Les autres membres de la table ronde ont présenté divers exemples de secteurs où l’on attend des normes internationales qu’elles contribuent à l’efficacité énergétique dans l'industrie, les transports, la construction et l’équipement ainsi qu’aux énergies renouvelables. Pendant la discussion, la question des normes de management de l'énergie et la question des biocarburants, pour lesquelles l'ISO a récemment créé des comités de normalisation, a également été soulevée.

Francisco Barnes, qui présidait la session au nom du CME, a conclu qu'une association stratégique entre le CME, l'AIE, l'ISO et la IEC était lancée. Elle se poursuivra afin de définir des priorités pour l'industrie et les gouvernements et intensifier la production de normes internationales ayant une pertinence globale.

Composition de la table ronde :

  • Francisco Barnés – Commissaire, Commission de règlementation de l’énergie et Vice-président de la Région nord-américaine du CME, Mexico
  • Alan Bryden – Secrétaire général, ISO
  • Renzo Tani – Président, IEC
  • Paul Waide – Analyste principal des politiques, Agence internationale de l’énergie (AIE)
  • Bruno Manoha – Responsable environnement et renouvelables, Electricité de France (EDF)
  • François Moisan – Directeur Energie  et Transport, Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'énergie (ADEME), et politiques en matière d’efficacité énergétique CME, France
  • Hunter Fanney – Chef, Division de l’environnement construit, Laboratoire de recherche sur le bâtiment et l’incendie, National Institute of Standards and Technology (NIST), USA
  • Cesare Boffa – Président du Comité Italie sur la technologie thermique et ancien Président, Agence italienne pour les nouvelles technologies, l’Énergie et l’environnement (ENEA)