Journée mondiale de la normalisation
14 Octobre 2001
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M. Mathias Fünfschilling Président de la CEI |
M. Mario Cortopassi Président de l'ISO |
M. Yoshio UTSUMI Secrétaire général de l'ITU |
Les lendemains du Sommet de la Terre à Rio et de la Convention de Kyoto ont montré les difficultés rencontrées par de nombreux gouvernements à tenter de résoudre les questions environnementales mondiales. Ces évènements à profil haut ont toutefois eu le mérite de créer, dans le monde économique, l'industrie et auprès des consommateurs, une nouvelle prise de conscience des nombreux pas positifs qu'ils peuvent eux-mêmes entreprendre, avec ou sans cadre réglementaire rigoureux.
Depuis des décennies, les normes internationales ont joué un rôle d'instrument primordial pour résoudre de tels problèmes. Ces normes concernent la qualité, la sécurité, la produc-tibilité ainsi que de nombreux autres aspects d'un éventail toujours plus large de produits, processus et services, au fur et à mesure que s'accélèrent, dans le monde entier, les développements technologiques et industriels, et reposent sur l'obtention d'un consensus international. En offrant des solutions applicables à l'échelon mondial, elles sont financiè-rement rentables et permettent à chacun de tirer avantage des connaissances et de l'expérience acquise dans les économies plus avancées.
Un aspect des plus importants lorsque l'on traite des questions liées à l'environnement, est que l'adoption des normes y est volontaire, pour chaque individu, gouvernement ou groupe de gouvernements, ce qui signifie que ces normes peuvent être utilisées et mises en pratique avant que des exigences légales ne soient introduites.
Les trois organisations internationales faîtières qui président à l'élaboration et à la dissémination de ces normes et recommandations sont l'Organisation internationale de normalisation (ISO), la Commission électrotechnique internationale (CEI) et l'Union internationale des télécommunications (UIT). Par nature, par nécessité et à dessein, ces organisations et leurs publications sont en première ligne pour mobiliser les efforts en vue de relever ce qui constitue peut-être le plus grand défi du nouveau siècle et certainement l'un des défis qui touchent le plus largement l'intérêt général : notre environnement, la façon de le protéger et de mieux le gérer.
Dans la plus grande partie du monde industrialisé, le management des questions environne-mentales est devenu, dans les entreprises, un aspect aussi fondamental que la santé, la sécurité et la qualité. Mais il va de soi que tous les pays ne disposent pas des ressources du monde industrialisé. Les aspects environnementaux des normes présentent des différences significatives sur un point au moins par rapport aux autres grands sujets de normalisation internationale comme la qualité. L'argumentation fondamentale en faveur de la prise en compte des aspects environnementaux dans les normes est la même que celle avancée en faveur du développement durable. Les aspects environnementaux de la normalisation sont en fait une composante du développement durable.
L'ISO, la CEI et l'UIT ont aussi une responsabilité importante ainsi qu'un rôle actif à jouer en aidant les pays en développement et les nouveaux pays industrialisés à prendre conscience de l'environnement tout en contribuant à faire en sorte que leur avenir soit économiquement et écologiquement stable. Que ce soit avec des normes de management, de produits, de systèmes, de processus, de mesure ou d'essai ou en favorisant un développement durable par le biais du déploiement de télécommunications normalisées, chaque organisation a son rôle à jouer et chacune travaille de concert avec une multitude d'autres organismes afin d'obtenir le consensus le plus large possible et l'effet bénéfique le plus complet au plan mondial.
Activement engagées dans ces questions depuis plus de 30 ans, l'ISO, la CEI et l'UIT ont une approche tri-dimensionnelle des aspects environnementaux de la normalisation. Des centaines de normes existent déjà, par exemple pour des sujets spécifiques tels que l'échantillonnage, les essais et l'analyse de l'air, de l'eau et du sol. Des milliers d'autres normes couvrent une multitude de produits physiques, et de plus en plus dans les secteurs de l'électricité, de l'électronique et des télécommunications, qui renferment déjà des infor-mations et des recommandations sur certains aspects environnementaux relatifs aux matériaux, aux processus industriels, au recyclage et à l'élimination des déchets. Nombre de ces normes auront un rôle important dans les efforts actuels visant à aider le consommateur au moyen d'un éco-étiquetage normalisé, donnant des indications claires et faciles à comprendre. Au niveau stratégique, les normes internationales relatives au management environnemental offrent une structure, une méthodologie et des outils pratiques de nature à aider les organisations de tous types à gérer l'impact de leurs activités sur l'environnement.
Toutes ces normes sont à la disposition de l'industrie pour être utilisées en une approche de la conception et de la fabrication qui soit consciente de l'environnement, l'industrie s'auto-régulant pour ce qui concerne l'environnement. Dans le domaine des télécommunications, des systèmes normalisés donnent aux scientifiques dans le monde la capacité de recueillir, analyser et diffuser des données sur les changements climatiques, l'état de nos eaux ou de nos ressources souterraines, fournissant des indicateurs autorisés qui permettent de mettre au point et d'appliquer des mesures correctives pour protéger notre environnement.
Même les normes internationales ne peuvent être la réponse à tout pour tout le monde.
La démarche informée, réaliste et responsable avec laquelle l'ISO, la CEI et l'UIT abordent les questions liées à l'environnement qui nous affectent aura néanmoins un impact croissant sur l'approche adoptée par la société pour répondre à ses propres attentes. L'environnement et les normes internationales ne vont pas simplement leur chemin ensemble. Pour l'avenir prévisible, ils sont inextricablement liés.


