Journée mondiale de la normalisation
14 octobre 2000
Des normes internationales pour la paix et la prospérité
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M. Mathias Fünfschilling Président de la CEI |
M. Giacomo Elias Président de l'ISO |
M. Yoshio UTSUMI Secrétaire général de l'ITU |
Dans un monde qui ne cesse de changer et d'évoluer toujours plus rapidement, tant dans les domaines technique et économique que dans toutes formes de relations internationales, les êtres humains ressentent fortement la nécessité d'influences stabilisatrices. Dans leur quête constante pour explorer, créer et développer, ils ont en même temps besoin d'apporter au monde davantage d'ordre, de paix et de prospérité. Face à cet apparent paradoxe, ils leur faut presque invariable-ment un point de départ connu, des "règles de procédure" et, en fin de compte, une base commune pour mesurer les progressions, l'acceptabilité, les réalisations.
Sur le plan philosophique ou intellectuel, les normes morales ou éthiques répondent à ce besoin et peuvent, en théorie, être adoptées et appliquées par tout le monde dans toutes les circonstances de la vie. En particulier dans les technologies et les sciences, et par conséquent dans la grande majorité des milieux industriels, financiers et économiques, ces normes sont le plus souvent articulées dans les documents de nature consensuelle publiés sous la forme de Normes interna-tionales et de Recommandations par les trois organismes de normalisation véritablement mondiaux : la Commission électrotechnique internationale (CEI), l'Organisation internationale de normalisation (ISO) et l'Union internationale des télécommunications (UIT).
Ces normes techniques sont aussi volontairement conçues, élaborées, adoptées et appliquées par des utilisateurs qui sont des individus, des entreprises, des associations professionnelles, des gouvernements nationaux, des groupements régionaux. Elles sont élaborées démocratiquement dans une perspective mondiale, dans le but d'offrir le plus grand bien au plus grand nombre.
Une norme intellectuelle ou technique absolue, immuable ne saurait exister. Tout comme
la morale et l'éthique ont évolué et se sont affinées au cours des millénaires, les Normes internationales au 21ème siècle sont des lignes directrices et des spécifications vivantes. Elles doivent conserver un certain degré de souplesse et d'ouverture afin que l'on puisse les adapter, les moderniser et les améliorer, voire les annuler ou les remplacer lorsqu'un changement des conditions, des technologies ou des marchés l'exige.
Toutefois, pour obtenir le résultat recherché par les parties prenantes, qu'il s'agisse par exemple de personnes chargées de réglementer la sécurité, d'ingénieurs engagés dans le développement ou de fabricants en situation de concurrence, le processus d'élaboration des normes doit au premier chef offrir un niveau essentiel de consensus, c'est-à-dire d'une fondation stable sur laquelle tracer en commun la route de l'avenir. Un rôle essentiel des normes de la CEI, de l'ISO et de l'UIT et d'autres accords techniques est donc de créer un équilibre, une forme de paix, à partir de toutes les pressions concurrentielles d'ordre technique, économique, social et environnemental qui constituent notre monde moderne.
Tout comme il est aisé d'être cynique concernant les chances de réaliser la paix et la prospérité mondiales, il est facile de se montrer sceptique quant à la base consensuelle sur laquelle les Normes internationales sont élaborées, en considérant le consensus comme un "compromis mou" et, par conséquent, inefficace. En fait, édifier un consensus à partir de positions de départ qui peuvent être très éloignées les unes des autres et peuvent être défendues par de puissants acteurs du marché, demande maintes discussions, de vigoureux débats et argumentations, d'amples négociations et, parfois, une confrontation directe entre les acteurs du marché.
Ce processus, de par sa nature même, n'est ni aisé ni, dans de nombreux cas, rapide. Mais ce sont ses avantages incommensurables, non seulement pour les participants, mais aussi et surtout pour la prospérité et le bien-être de l'humanité en général, qui permettent à la normalisation interna-tionale d'aller de l'avant. Les accords techniques mondiaux façonnés à la CEI, à l'ISO et à l'UIT nous aident à établir et à maintenir les niveaux les plus élevés de sécurité, d'efficacité et de qualité dans une vaste gamme de produits et de services, afin de garantir leur caractère respectueux de l'environnement, de favoriser l'entente sur le plan technique et les échanges technologiques dans le monde et de promouvoir un commerce en expansion rapide entre les nations, qui est tout à la fois un signe distinctif de notre époque et la pierre angulaire d'un développement social et économique durable.
La reconnaissance de l'importance des Normes internationales est attestée sous plusieurs formes et par différents secteurs de la société. A une extrémité de l'échelle, nous nous fions quotidienne-ment à la sécurité des produits, à la disponibilité de communications bien établies et à une qualité des services qui ne cesse de croître et cette confiance est en soi une reconnaissance de la valeur de milliers de normes invisibles de la CEI, de l'ISO et de l'UIT. A l'autre extrémité de l'échelle, l'Accord de l'Organisation mondiale du commerce sur les obstacles techniques au commerce souligne le rôle essentiel joué par les Normes internationales en tant qu'elles donnent le fondement technique des marchés mondiaux, et appelle tous les gouvernements à en faire le plus grand usage pour lever d'inutiles obstacles techniques au libre-échange.
Sans accord, il ne saurait y avoir de paix. Et sans paix, il ne saurait y avoir de prospérité durable. Les Normes internationales apportent un outil essentiel aux efforts intarissables de l'humanité pour obtenir plus de paix et de prospérité.


