Affiche de la Journée mondiale de la normalisation 2004

Au sujet de l'artiste - Portrait de Franco Maria Ricci

Héritier d'une des plus vieilles familles nobles de Parme, Franco Maria Ricci aurait pu vivre de ses rentes. A douze ans, il est incollable en histoire de l'art. "Mon père m'envoyait régulièrement à Pise, Lucques, Sienne… tout seul. Au retour je devais lui rendre compte de ce que j'avais vu".

Avant de découvrir sa philosophie ("J'édite des livres dont on parlera dans cent ans"), le jeune étudiant en géologie est recruté par une compagnie pétrolière américaine, la Gulf Oil. Destination: la haute Mésopotamie. Un séjour en Turquie pour la même compagnie, et le voilà qui rentre. "Je me suis vite rendu compte que la recherche de pétrole m'intéressait moins que l'archéologie."

Retour à Parme et premier succès de graphiste. Il dessine des affiches de théâtre, crée des logos pour les entreprises de sa ville. Et, lorsque sa mère lui offre une Ferrari, il la vend, s'achète deux machines à imprimer et met en chantier son premier coup de foudre: la réédition du Manuel typographique, jusqu'alors introuvable chez les antiquaires, de son compatriote Giambattista Bodoni (1740-1813), le plus grand graphiste de son temps. A sa grande surprise, les quatre cent exemplaires du Manuel typographique de Bodoni trouvent preneur dans les plus prestigieuses bibliothèques du monde et ont une grande valeur pour les imprimeurs soucieux de qualité.

"Je me suis alors rendu compte qu'il était facile d'être éditeur!" dit-il. "Un jour, j'ai décidé de refaire l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, en m'entourant de spécialistes prestigieux. Un travail énorme qui m'a coûté quatre milliards de lires et six ans de travail. Mes trois mille exemplaires en dix-huit volumes sont partis comme des petits pains." C'était l'un des cadeaux préférés du président français Mitterand à ses hôtes de marque.

Bibliophile érudit, ami des plus grands écrivains, l'éditeur italien est tout cela à la fois. Cela fait plus de trente ans que Franco Maria Ricci n'édite que des livres rares. "Je ne fais des livres que pour la découverte, pas pour l'histoire de l'art. Et pour le goût du travail de la main. Avec l'idée de travailler pour l'éternité. Dans cent ans, si quelqu'un veut étudier des livres sérieux, il sera obligé de se confronter aux miens comme je l'ai fait avec Bodoni. Mon espoir est devenir un point de référence dans le graphisme du livre. Et qu'il y ait dans deux siècles des collectionneurs de mes dépliants publicitaires, prêts à payer comme moi aujourd'hui 2 000 dollars pour un simple placard imprimé par Bodoni."

Ricci à l'étranger

Franco Maria Ricci a ouvert ses propres librairies en Italie (Bergame, Bologne, Crema, Ferrare, Florence, Milan, Naples, Parme, Rome, Turin et Vicence) ainsi qu'à Mexico, New York City et Paris. On y trouve des cabinets de lecture au décor raffiné qui sont autant d'écrins pour ses livres, dans le prolongement desquels se situe FMR, sa revue d'art diffusée en quatre langues.

 
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