Journée mondiale de la normalisation
14 octobre 1999
Bâtir avec les normes
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M. Mathias Fünfschilling Président de la CEI |
M. Giacomo Elias Président de l'ISO |
M. Yoshio UTSUMI Secrétaire général de l'ITU |
Cette année, le thème de la Journée mondiale de la normalisation met l'accent sur l'importance des Normes internationales dans l'industrie de la construction, qui, depuis des millénaires, constitue, au fil de l'évolution, l'une des activités fondamentales de l'homme.
On ne saurait normaliser un beau projet, mais pour la pose des fondations d'un musée conceptuel ou l'infrastructure urbaine complexe, les nombreux professionnels, qu'ils soient architectes, concepteurs, ingénieurs civils ou fabricants, autorités réglementaires et entrepreneurs, jusqu'aux entreprises qui dépensent des milliards en matériaux de construction et en services connexes chaque année, doivent échanger des normes et les appliquer quotidiennement. Les normes pertinentes vont des normes de construction
les plus évidentes à celles qui traitent des télécommunications, des installations électriques, de l'électronique, des réseaux et des normes de sécurité associées.
Lorsqu'une entreprise de construction japonaise construit au Chili une usine, dont les plans ont été dessinés au Canada, tout le monde comprend l'intérêt d'avoir des normes techniques parfaitement transparentes et compréhensibles pour tous. Toute organisation professionnelle qui fournit des matériaux et des composants, qu'il s'agisse d'équipement mécanique ou de systèmes électriques, compte sur ces "outils" que sont les Normes internationales.
Si, aujourd'hui, 100 professionnels de la construction du monde entier devaient travailler ensemble pour construire un tunnel, l'efficacité de la normalisation leur serait acquise comme base de départ dans le domaine, sans pour autant nuire à l'originalité du projet ni imposer au produit fini des caractéristiques non voulues.
Comme dans le commerce électronique ou dans toute autre sphère de la technologie, la normalisation est à son summum lorsqu'elle est internationale. Les accords techniques, élaborés par la Commission électrotechnique internationale (CEI), l'Organisation internationale de normalisation (ISO) et l'Union internationale des télécommunications (UIT), donnent les bases nécessaires aux différents produits et services, quel que soit le lieu de leur production.
La CEI, l'ISO et l'UIT, qui sont les organisations faîtières de la normalisation internationale, sont en mesure d'offrir le cadre global et universel qui prend en compte tous les domaines de l'activité intellectuelle, scientifique, technologique et économique. La nature même du processus de normalisation international, qui est ouvert et consensuel, garantit le fait que les normes finales, qu'elles soient de produits ou de services, représentent la connaissance et l'expérience collective de toutes les parties concernées - industries, autorités publiques, instituts de recherche, laboratoires d'essai, et organisations de consommateurs.
Les petites et grandes entreprises du monde entier reconnaissent les avantages des Normes internationales. Nombre de clients et de fournisseurs encouragent activement la participation au réseau de la normalisation internationale de la CEI, l'ISO et l'UIT.
La rentabilité de la participation au processus d'élaboration des normes internationales apparaît à divers niveaux dans chaque secteur. Le premier niveau est généralement celui de l'établissement d'un langage commun, qui permet à un fabricant de communiquer clairement, sans redouter des ambiguïtés ou malentendus, avec les ingénieurs, les concepteurs et les agents d'achat d'un produit destiné à la clientèle n'importe où dans le monde. Ce langage commun favorise aussi la même clarté de communication avec les fournisseurs. Tout le monde est gagnant. À un autre niveau, la prise en compte des préoccupations en matière de santé et de sécurité publiques, mais aussi de l'impact d'un produit ou d'un service sur l'environnement est une exigence à la fois d'ordre commercial et social qui devient progressivement une obligation légale.
Pour citer un utilisateur et un normalisateur: "S'il vous faut modifier vos exportations pour vous conformer aux normes nationales d'un client, c'est que, à l'évidence, vous n'avez pas participé à l'élaboration de ces normes. S'il vous faut reprendre la conception de votre produit ou service pour répondre aux spécifications techniques du pays visé, votre marge bénéficiaire en pâtira. Vous gagnez d'un côté, mais vous perdez de l'autre. Si vous avez des clients dans plusieurs pays, et que chacun a sa propre norme nationale, vous perdez encore plus. Si, par contre, le pays client utilise des Normes internationales, la situation est nettement plus claire et plus rentable pour tous."
Aujourd'hui, du fait des exigences quantitatives et qualitatives causées par l'explosion démographique et par l'aspiration naturelle à un meilleur niveau de vie, la construction est d'autant plus clairement l'un des secteurs clé de la satisfaction des besoins de l'humanité. Il ressort d'une étude récente sur le mode de construction au 21e siècle effectuée par l'université de Lund en Suède, que de nombreuses régions du monde souhaitent une productivité accrue dans le processus de construction, une meilleure qualité des matériaux de construction, une prise en compte accrue de la gestion de
la propriété et une approche plus globale de l'ensem-ble du processus. Dans cette perspective, les Normes internationales sont les outils essentiels pour suivre l'offensive technologique dans ce secteur.
Comme le savent déjà bon nombre de ceux qui appartiennent au secteur des industries de construction et activités connexes, la solution pour bien construire, pour le long terme et pour construire à l'échelon international, d'une manière rationnelle et rentable, réside dans les Normes internationales.


