Concours ISO 26000:
Que signifie pour vous la responsabilité sociétale?
ISO 26000 facilite le développement humain
par Eric Feront
Une entreprise ayant le choix entre «vivre» et «mieux vivre», choisira sans aucun doute le «mieux vivre», que ses clients soient des consommateurs (B-to-C) ou d’autres entreprises (B-to-B). La norme ISO 26000 non certifiable n’implique absolument pas moins de dividendes pour les actionnaires, ou moins de rémunération aux indépendants, mais c’est la manière de faire cet argent qui change, de «mieux vivre» avec tous ses fournisseurs, les pouvoirs publics et privés, le management, les ressources humaines (détenteurs d’enjeux les plus importants pour l’entreprise à mon humble avis), et le voisinage.
Ils détiennent, tous sans aucune exception, une plus-value pour l’entreprise, et ne lui prendront rien. Il y aura du donnant-donnant, surtout avec le monde des associations et des ONG car depuis que le monde associatif et le monde des entreprises communiquent aussi entre eux, sans vraiment se ressembler, il est important de constater que le premier se rend bien compte qu’il ne pourra pas sauver le monde tout seul, et que le second prend ou a pris conscience de ses devoirs envers l’humanité. Il est vrai qu’avant de faire partie des actionnaires, d’être chef d’une entreprise ou membre d’une direction générale, ces femmes et hommes d’affaires, êtres humains comme vous et moi, sont responsables de leur vie et de leur futur (ainsi que de celui de leur entreprise) et de celui qu’ils laisseront à leurs enfants. Ils sont donc aussi membres de la direction générale que prendra le monde. Un premier constat s’impose à tous: que chacun fasse ce qu’il fait de mieux.
Si le cadre dans lequel s’animera la responsabilité sociale et sociétale de l’entreprise paraît se fixer, les détenteurs d’enjeux deviendront des acteurs, effectifs et efficaces, responsables et conscients, avec une distribution, par l’entreprise, de responsabilités plus ou moins importantes. Une entreprise active en chimie sera plus inspirée de développer une approche RSE en s’inspirant de la norme ISO 26000 dans le milieu environnemental, qu’il s’agisse d’une action mondiale (le climat par exemple) ou d’une action locale (dialogue avec les riverains par des journées portes ouvertes ou aide au nettoyage d’un étang tout proche). Une banque aura très certainement d’autres préoccupations en priorité, pensons aux Investissements Socialement Responsables, et s’inspirera de la norme ISO 26000 pour la loyauté des pratiques par exemple.
Le mot d’ordre sera «Pensez globalement, Agissez localement».
Si ISO 26000 n’est pas destinée à la certification, la conformité à cette norme peut être indirectement auditée régulièrement par une tierce partie indépendante qui n’aura pas participé activement dans sa mise en place (on ne peut pas être juge et juré). Mais comment procéder? Chaque question centrale de la norme peut être envisagée de manière individuelle: par exemple, les Droits de l’Homme et les relations et conditions de travail peuvent être certifiés selon la norme SA 8000, l’environnement selon ISO 140001 ou le label européen d’excellence environnementale EMASeasy, la loyauté des pratiques selon ISO 9001 … et d’autres normes et/ou label d’excellence connus et reconnus.
Ce qu’il est important de mettre en exergue, c’est que l’entreprise, en décidant volontairement de s’impliquer dans une démarche de RSE digne de ce nom et donc, suivant la norme ISO 26000:
- n’est pas seule au monde
- choisit ses consultants externes d’une manière exigeante
- l’ensemble de ses parties intéressées et de ses clients auront l’œil de plus en plus affûté et donc attention aux fausses démarches de RSE
- devrait se faire auditer par un organisme externe.
À mon avis, une communication juste et objective ne peut se faire qu’après une démarche d’audit externe et une certification tout aussi externe. Pensons localement au tri des déchets ménagers par exemple, les bouteilles que l’on met fièrement dans un sac en plastique recyclable mais pas robuste du tout. Ayez le malheur de mettre une bouteille en verre dans ce sac et non seulement il y a beaucoup de chances qu’il se déchire, mais il sera laissé sur le trottoir. En cinq secondes, les hommes de la voierie auront «audité» votre effort.
En rédigeant le présent article, je ne peux m’empêcher de penser aux ouvrie(è)r(e)s du monde qui ont des droits limités ou aucun droit, à la famine en Afrique ou ailleurs, aux enfants esclaves et au changement climatique, mais aussi dans le monde dit développé aux nombreuses personnes avec un handicap qui n’ont pas accès au marché du travail, aux différences de salaires entre les hommes et les femmes, aux seniors qui sont écartés et autres discriminations à peine voilées, etc. C’est pourtant ce que l’on appelle le capital humain. L’ISO 26000 peut aider et va aider dans un développement humain qui sera durable, ou ne sera pas. Mais c’est aussi l’Humain qui doit choisir où il va, et comment il y va.
Celui qui veut, trouve des moyens.
Celui qui ne veut pas, trouve des excuses
Proverbe arabe
A propos de l'auteur
Eric Feront est Licencié en Science Économiques appliquées, spécialisation «Marketing». Il est fondateur dès 1996 de www.NFPconsulting.org, une organisation sans but lucratif active dans le Marketing et Communication exclusivement pour le secteur non-marchand et mettant en place des actions de Cause Related Marketing ou de RSE avec les entreprises. Il est fondateur de www.CSRandManagement.eu, s’occupant exclusivement de mise en conformité, de certifications, d’audits (surtout les normes SA 8000 et Emas) et de conseils en politiques de Développement Durable et de Responsabilité Sociale et sociétale de l’Entreprises (ISO 26000).


