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Être prêts - L’Afrique du Sud applique ISO 50001 pour éviter une crise énergétique future

par Sadhvir Bissoon, le
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L’économie de l’Afrique du Sud repose principalement sur l’extraction et le traitement des minéraux, ce qui consomme énormément d’énergie. Les défis et le bouquet énergétique uniques du pays ont nécessité une réponse à plusieurs volets des secteurs privé et public. Le Bureau sud-africain des normes (SABS), membre ISO pour le pays, joue un rôle central dans le développement de normes pour encourager l’efficacité énergétique.

Aujourd’hui, environ 93 % de l’électricité de l’Afrique du Sud est produite dans des centrales au charbon. Le reste de l’électricité est nucléaire (5 %), mais aussi hydroélectrique, par pompage-turbinage et turbines à gaz (2 %) (voir Figure 1). Cependant, ces chiffres changeront avec l’application de la Planification intégrée des ressources pour l’électricité 2012-2030 (voir Figure 2).

Les grands consommateurs d’énergie

Les secteurs industriel et minier sont les plus grands consommateurs d’énergie et utilisent à eux seuls plus de deux tiers de l’électricité du pays. En remplaçant les anciennes technologies par de nouvelles plus efficaces et en appliquant les meilleures pratiques en matière de management de l’énergie, il est possible de réaliser des économies d’énergie considérables.

Le prix traditionnellement bas de l’électricité en Afrique du Sud contribue à établir une position concurrentielle, mais il laisse également peu de place aux initiatives d’économies d’énergie. Il est fondamental que nous puissions démontrer aux consommateurs la rentabilité d’une plus grande efficacité énergétique.

Figure 1
Figure 1: Bouquet énergétique 2010.

Une vision de l’efficacité

La vision stratégique de l’efficacité énergétique de l’Afrique du Sud est d’obtenir une énergie abordable pour tous, tout en réduisant au minimum les effets négatifs de son utilisation sur la santé des personnes et l’environnement. Cet objectif sera atteint en favorisant les énergies renouvelables et les pratiques efficaces.

Les améliorations se feront, entre autres, par le biais d’initiatives économiques et législatives, de labels d’efficacité énergétique, de normes relatives à la performance, d’activités de management et d’audits.

Il faut sensibiliser davantage le public aux coûts et bénéfices de l’efficacité énergétique. De grandes économies ne sont possibles que par le biais de changements de comportement et, à cette fin, il est nécessaire de commencer par informer le public des différentes options.

Figure 2
Figure 2: Bouquet énergétique proposé pour 2013.

ISO 50001 : un projet de l’industrie

En temps de crise, les gens se tournent vers les normes pour établir de nouvelles références. La sensibilisation aux Normes internationales pour l’efficacité et la gestion de l’énergie a trouvé un nouvel élan en Afrique du Sud.

Le SABS a joué un rôle essentiel en publiant et en diffusant une gamme de normes nationales sud-africaines (SANS) sur l’efficacité et la gestion de l’énergie, ainsi que sur des sujets connexes comme les éoliennes, les véhicules électriques et utilisant des carburants alternatifs, les appareils électroménagers et le biodiesel. La plupart de ces normes sont des adoptions de Normes internationales ISO et CEI ou sont harmonisées avec ces dernières. L’une des plus pertinentes à l’heure actuelle est la norme ISO 50001:2011 pour les systèmes de management de l’énergie.

ISO 50001 est l’élément central constitutif des normes relatives à l’efficacité et la gestion de l’énergie. La conformité et la certification à la norme ISO 50001 formeront ainsi une composante clé des plans nationaux, par exemple, la Stratégie nationale d’efficacité énergétique élaborée par le Ministère de l’énergie, en vue d’assurer notre avenir énergétique.

L’Afrique du Sud a lancé des initiatives pilotes pour économiser l’énergie tout en renforçant des principes de la norme ISO 50001 dans le secteur. Lancé en 2010, le Projet pour l’amélioration de l’efficacité énergétique industrielle est un bon exemple. Il visait à introduire des pratiques en matière de systèmes de management de l’énergie, ainsi qu’une approche d’optimisation du système énergétique pour le pompage, l’air comprimé, les ventilateurs, les moteurs électriques et les systèmes à vapeur dans les secteurs de l’agro-alimentaire, des produits chimiques et des combustibles liquides, mais aussi dans l’industrie mécanique et les secteurs automobile et minier.

Le projet a été mis en œuvre conjointement avec l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) et le Centre national sud-africain pour une production plus propre. Les acteurs principaux étaient le Ministère du commerce et de l’industrie, le Ministère de l’énergie et Business Unity South Africa. Le SABS a, quant à lui, joué un rôle central. La contribution internationale a été le fait de partenaires tels que le Secrétariat d’État à l’économie de la Suisse (SECO) et le Ministère britannique pour le développement international.

L’objectif du projet était de fournir à l’industrie l’expertise nécessaire pour développer et mettre en application des systèmes de management de l’énergie. Cela incluait des ateliers de formation organisés dans le pays, animés par des spécialistes de l’ONUDI, avec des séminaires mensuels de suivi sur le Web. Parmi les nombreux représentants du secteur ayant assisté aux ateliers, cinq entreprises ont proposé de participer bénévolement au programme en tant qu’usines hôtes, à savoir :

  • ArcelorMittal Saldanha Works, sidérurgiste
  • Toyota South Africa Motors (Pty) Ltd, géant de l’automobile
  • Saint-Gobain, fournisseur du secteur de la construction
  • Gelvenor Textiles, fabricant de textile
  • Pretoria Portland Cement (PPC), De Hoek, cimenterie

La principale réalisation était l’application d’un système de management de l’énergie conforme à la norme ISO 50001 dans chaque usine. La progression vers cet objectif a été surveillée, évaluée et soutenue pendant tout le cycle de projet. Certaines des usines hôtes avaient déjà procédé à diverses interventions en matière de systèmes de management de l’énergie, mais le projet a permis de s’assurer que ces dernières étaient conformes aux principes de la norme ISO 50001.

Collectivement, les participants ont réalisé une économie d’énergie totale s’élevant à plus de 87 millions de kilowattheures (kWh) par an. Ces économies d’énergie sont le résultat direct d’initiatives pas ou peu coûteuses et soulignent l’efficacité prouvée de l’approche «Planifier-Faire-Vérifier-Agir» de la norme ISO 50001. Cependant, comme pour la plupart des autres normes, la conformité à la norme ISO 50001 est volontaire. Ainsi, l’engagement et l’adhésion de la direction sont des conditions préalables essentielles à la réalisation des économies d’énergie souhaitées.

Seminar's delegates
Participants venus d'Afrique au séminaire de sensibilisation sur ISO 50001.

Cette étude a démontré l’impact considérable de l’effort commun de l’industrie pour réduire la consommation d’énergie, en plus des bénéfices complémentaires, notamment sur les coûts d’exploitation, et l’amélioration de la performance environnementale.

Étant donné les économies potentielles conséquentes, les secteurs industriels et commerciaux resteront les principales cibles de l’application de la norme ISO 50001. Le SABS identifiera d’autres entreprises candidates qui se porteraient volontaires pour appliquer la norme.

Le carburant oublié

Le SABS s’efforce de donner l’exemple. En 2011, l’organisation a ouvert son nouveau complexe de laboratoires d’essais à Pretoria. Bien qu’il n’y ait aucune norme universellement admise pour l’efficacité énergétique dans les installations de laboratoire, les spécialistes du SABS ont travaillé avec des concepteurs du bâtiment et des architectes pour étudier les meilleures pratiques internationales dans des laboratoires semblables dans le monde. Résultat : une installation de pointe a obtenu un classement «Étoile verte» 1), sans compromettre le confort ou la fonctionnalité pour des techniciens de laboratoire.

Des initiatives pilotes telles que le Projet pour l’amélioration de l’efficacité énergétique industrielle ont posé les bases d’un effort national concerté, axé sur la conformité aux normes, afin de surmonter les futures crises énergétiques potentielles. Pour sa part, le SABS forme actuellement des auditeurs dans le but de proposer la certification ISO 50001 et des services de formation à la norme ISO 50001 à ses clients, et il attend avec intérêt son accréditation d’ici à la fin de l’année 2012.

L’efficacité énergétique est appelée le carburant oublié parce qu’elle est souvent négligée lorsque l’on recherche des solutions aux pénuries d’énergie. Cela est particulièrement pertinent en Afrique du Sud, où la nécessité d’économiser l’énergie n’a jamais figuré au premier plan dans la conscience publique. Mais, en ces temps difficiles, nous nous tournons vers une réponse normalisée, en particulier vers des normes telles qu’ISO 50001. Nous voyons dans la conformité à ces normes la clé qui garantira notre avenir énergétique sans renoncer à notre responsabilité environnementale, qui est de limiter les émissions de gaz à effet de serre.

1) Un système de certification pour les bâtiments dits «verts»

Sensibilisation au niveau régional

Afin de promouvoir les avantages de la norme ISO 50001 dans la région, le SABS, avec la contribution financière du Secrétariat d’État à l’économie de la Suisse (SECO), a organisé un séminaire régional en juin 2012 avec les objectifs suivants :

  • Faire connaître aux autorités et aux dirigeants de l’industrie en Afrique orientale et australe les normes de management de l’énergie et d’efficacité énergétique et la norme ISO 50001
  • Informer les délégués du statut et du processus d’élaboration de la norme 50001 
  • Fournir une plate-forme pour les spécialistes du secteur, le gouvernement et les milieux universitaires de la région afin de partager des expériences en matière d’application du management de l’énergie.

Des experts du secteur provenant d’Érythrée, d’Éthiopie, du Kenya, du Soudan et de l’Ouganda ont assisté aux ateliers, avec les pays membres de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Les participants ont examiné les politiques et les normes existantes dans leurs pays respectifs et ont réalisé une analyse des écarts pour souligner les besoins en termes de politiques, de réglementations et d’infrastructures du marché. Ils ont également identifié les secteurs prioritaires pour l’application de la norme ISO 50001.

Sadhvir Bissoon
Sadhvir Bissoon
Sadhvir Bissoon
Responsable de normalisation
SABS
Afrique du Sud