Pour reprendre la métaphore, la pertinence de nos normes, et donc de notre activité, dépend de l’efficacité avec laquelle nous abordons les défis émergents dans un monde qui évolue de plus en plus vite. Préparer la route pour le changement n’est pas facile, mais l’ISO a de nombreux outils à sa disposition, dont un particulièrement important, le Bureau de gestion technique (TMB), qui veille à assurer l’amélioration continue du processus d’élaboration des normes.
Le TMB, que j’ai l’honneur de présider pour la quatrième et dernière année, supervise plus de 3 000 organes techniques de l’ISO chargés d’établir un consensus international sur tout l’éventail des domaines possibles ou presque – de la dimension des filetages à la sécurité des chaînes logistiques. La gestion de toutes ces activités est un travail intense, en témoigne le fait qu’en plus de 17 années d’existence, le TMB a tenu 50 séances !
Pendant tout ce temps, notre rôle a évolué. Axé au départ sur des questions d’ordre purement technique dans «la salle des machines» de la production des normes, il couvre aujourd’hui également des questions stratégiques. Le TMB a contribué à la mise en forme du Plan stratégique de l’ISO 2011-2015, et nous sommes aussi très engagés dans la réalisation de tous les instants des objectifs et de la vision qui y sont énoncés.
Le fait d’être en prise avec le travail concret d’élaboration des normes permet aux idées de germer pour aider à baliser la route que devra prendre l’ISO à l’avenir, en appuyant la pertinence de ses travaux pour le marché. Le TMB a un accès et un dialogue uniques avec les clients de l’ISO. Ainsi, les écrous et les boulons font bien entendu toujours partie de notre domaine de responsabilité, mais nous prêtons aussi main forte à nos collègues sur le pont – le Conseil de l’ISO – en leur apportant des avis stratégiques et des recommandations dans un souci d’amélioration continue.
Pour éviter de réinventer la roue, et veiller à ce que l’ISO n’engage ses ressources que pour l’élaboration de normes dont le marché a explicitement besoin, le TMB réalise souvent des « essais » ou procède à des études approfondies des initiatives et programmes avant de s’engager dans des activités quelles qu’elles soient. Ces efforts ont contribué à la publication de normes telles qu’ISO 26000:2010, Lignes directrices relatives à la responsabilité sociétale, et ISO 50001:2011, Systèmes de management de l’énergie.
Au travers du TMB, l’ISO encourage la coopération avec d’autres organisations élaboratrices de normes, où le fait de travailler ensemble nous permet de mieux répondre aux besoins de nos clients, qui bénéficient d’une approche coordonnée en matière de normalisation internationale. Un exemple est la Coopération mondiale de la normalisation, qui favorise la collaboration entre l’ISO, la Commission électrotechnique internationale (CEI) et l’Union internationale des télécommunications (UIT).
Pour faire face à un monde changeant, l’ISO vise l’amélioration continue. Ne jamais se reposer sur ses lauriers, aller toujours de l’avant ! Dans cette optique, l’ISO a mis en place le projet de «Laboratoire vivant», afin de tester des moyens d’améliorer le processus d’élaboration des normes. Le TMB va prendre une part active et un rôle de premier plan dans le déploiement des innovations découlant de ce projet. Il s’agira peut-être de développement des compétences des fonctions clés, d’allègement des procédures, ou de formules permettant de mieux répondre aux besoins de secteurs spécifiques, pour ne citer que les résultats les plus accessibles et les plus faciles à réaliser.
Plus important encore, nous travaillons à accroître l’utilité et la facilité d’utilisation de nos produits. Il n’est plus question aujourd’hui de dire que la publication d’une norme marque la fin de notre travail. Nous devons nous impliquer davantage, par exemple dans la promotion des normes et la facilitation de leur mise en œuvre, en préparant notamment des guides à valeur ajoutée sur la façon de promouvoir leur utilisation optimale. Lorsque nous achetons des produits (qu’il s’agisse de voitures ou d’ordinateurs), ils sont livrés avec des manuels d’utilisation, parfois des pièces de rechange ou des logiciels supplémentaires d’appui – voilà le principe !
Il est toujours possible de faire «plus simple, plus vite et mieux» et l’ISO doit sans cesse se réinventer. L’auto-amélioration permanente est l’objectif que nous visons. Il vaut mieux surfer sur les vagues à grande vitesse que de mal les négocier et chavirer.
